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Economie : l’époque de l’après-banane est-elle arrivée ?

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Bananeraie
Plantation de bananes en Martinique. ©iStock / kelifamily
Une menace plane sur les bananeraies du monde entier. Venu d’Asie du sud, le fusarium est un parasite contre lequel aucune parade n’a encore été trouvée. Le temps de l’après-banane est-il arrivé chez nous ?
 
Un nouveau parasite menace la production planétaire de la banane, le fruit le plus consommé dans le monde. Tous ses producteurs, sous toutes les latitudes, sont inquiets. Nous risquons de vivre un cataclysme similaire à celui survenu dans les années 1950. La production de la variété la plus répandue, la Gros-Michel, avait été décimée.

Elle a été remplacée par la Cavendish, supposée résister à tous les parasites. Elle représente 95% du marché mondial. Or, il s’avère que la Cavendish est vulnérable au Fusarium oxysporum, un champignon identifié à Taïwan en 2004. Le bananier atteint de fusariose est détruit de l’intérieur, ses feuilles jaunissent, la plante se dessèche et la chair du fruit devient une bouillie sans goût.En attendant que les scientifiques trouvent un traitement adéquat, le moment n’est-il pas venu de réfléchir à l’avenir de notre banane ? Elle constitue la première de nos exportations. Les 10 000 emplois de la filière en Guadeloupe et en Martinique représentent 5% des de la population active et environ la moitié des salariés agricoles.
 

La banane a remplacé la canne mais elle incarne le passé


La France reste le principal débouché de la banane antillaise. Sa part de marché n’atteint que 4% sur le marché européen, loin derrière les 75% de la banane dite « dollar ». Son importance appelle, aujourd’hui, des solutions originales et innovantes si elle venait à disparaître, demain, de notre paysage naturel, économique et social.

Conformément à la logique économique ancienne de la monoculture, la banane a remplacé la canne à sucre. Elle possède cependant une faible valeur ajoutée, étant exportée sans transformation. En outre, sa production est soumise aux aléas naturels. Nous savons qu’elle devra laisser la place à des activités plus rémunératrices et porteuse de richesses pour nos pays.

L’industrie agro-alimentaire, les produits de la mer, le numérique, le tourisme sont des secteurs prometteurs. Notre avenir passe sûrement par leur généralisation. Il reste à s’organiser pour les promouvoir. Un véritable défi.
 
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