En Haïti, déjà 148 personnes tuées dans la guerre des gangs

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Haiti refugies urbains
A Haïti, les familles quittent leurs foyers pour échapper la violence entre les gangs. ©twittertedyerol
Entre fin avril et début mai 2022, les affrontements entre les gangs, 400 Mawozo et Chyen Mechan, ont tué près de 150 civils. Des corps abandonnés dans les rues, ont été jetés dans une fosse commune. Des femmes et des fillettes ont été violées et assassinées. Selon le rapport du RNDDH, l’organisation des droits de l’homme en Haïti, les atrocités ont été commises avec la complicité de la police et de l’État.

Le 10 mai 2022, le RNDDH, Réseau National de Défense des Droits Humains en Haïti a publié un rapport de 15 pages.

Il détaillait les atrocités commises contre les civils haïtiens lors des affrontements entre deux gangs, les 400 Mawozo et les Chyen Mechan.

Ces gangs pratiquent une politique de terre brulée. Ils incendient les maisons et les êtres humains. Ils mutilent les corps et postent les photos sur les réseaux sociaux pour semer la terreur au sein d'une population piégée par la violence.

Une guerre de territoire

Les confrontations ont démarré le 24 avril 2022, dans les communes avoisinantes de la Croix des Bouquets, contrôlé par les 400 Mawozo et la Tabarre, sous les ordres de Chyen Mechan.

Les 400 Mawozo déclenche la guerre urbaine contre Chyen Mechan. Le but est d'élargir son territoire. 

Situées à une quinzaine de kilomètres au nord de Port-au-Prince, les deux communes sont dotées de plusieurs commissariats et antennes de police, impuissants face à la violence.

Tous les commerces et mêmes les petits marchands doivent régulièrement verser des sommes aux gangs.

A Tabarre, Chyen Mechan à sa propre fondation, Fondasyon Ti Zamni, pour recevoir des fonds des autorités politiques et du secteur privé pour organiser de prétendues  activités sociales.

A la Croix des Bouquets, les postes de police doivent verser des sommes aux agents de 400 Mawozo. Le gang a établi son propre tribunal.

Les 400 Mawozo sont spécialistes des braquages, des détournements de véhicules en provenance de la République Dominicaine, d'assassinats et d'enlèvements.

Des innocents sont tués

Dans les affrontements, près de 150 personnes sont décédées dans des situations atroces. Certaines ont été brulées vives, d'autres décapitées.

Une centaine de maisons et une cinquantaine de véhicules ont été incendiés.

Les autorités complices des gangs ?

Les blindés de la Police Nationale d’Haïti, la PNH, se sont finalement rendus sur place.

La police transportait des membres d’autres gangs armés notamment Jimmy Cherizier aka Barbecue du G9, venus soutenir son gang associé, Chyen Mechan.  

Les autorités étatiques ont fait le choix de la gangstérisation de l’État comme nouvelle forme de gouvernance. Le plus grand fournisseur d’armes et de munitions aux gangs c’est l’Etat haïtien, 

Extrait du rapport du RNDDH

La Police d'Haïti
La Police haïtienne accusée d'être complice des gangs. ©PNH

Depuis le 6 mai 2022 un calme fragile a été rétabli. Jusqu’ici l’Etat n’a fait aucune déclaration.

Dans sa conclusion, le RNDDH exige la protection de la population haïtienne.