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Le drapeau nationaliste martiniquais bientôt sur les édifices publics de Fort-de-France

Le drapeau rouge, vert, noir sera bientôt hissé à la devanture de certains bâtiments de la ville de Fort-de-France. Il côtoiera le drapeau bleu, blanc, rouge et le drapeau européen. Son conseil municipal l’a décidé. Ce qui ne doit pas nous surprendre.

Le drapeau rouge, vert, noir © Marc-François Calmo
© Marc-François Calmo Le drapeau rouge, vert, noir
  • Par Jean-Marc Party
  • Publié le , mis à jour le
Le drapeau rouge-vert-noir flottant sur les édifices de Fort-de-France : la décision peut étonner, mais elle doit être replacée dans le contexte politique du moment. Le Parti progressiste ne veut pas être en reste sur l’appropriation de ce symbole identitaire.

Il se démarque de l’initiative de l’exécutif de la Collectivité Territoriale de Martinique, chef du Mouvement indépendantiste, de lancer un concours de création d’un drapeau. Les héritiers d’Aimé Césaire veulent aussi envoyer un signal au moment où le nouveau mouvement Péyi-a revendique, lui aussi, cet emblème. Toutefois, il n’y a rien d’étonnant à cette décision. Le maire Didier Laguerre l’avait préparé quelques jours auparavant, à l’occasion d’un rassemblement d’hommage à ces trois couleurs mêlées.
 

Le PPM reconnaît le drapeau nationaliste depuis un demi-siècle


Ce symbole historique figure sur l’emblème du PPM, une fleur de balisier stylisée, depuis son congrès de 1970. C’est l’année de la confirmation du virage nationaliste. Le secrétaire général, Camille Darsières, prolonge l’inflexion initiée par son prédécesseur Rodolphe Désiré en 1967. Ce dernier avait alors présenté un rapport sur l’existence d’une nation martiniquaise.
Un travail largement amplifié par Camille Darsières. Il publie en 1974 un ouvrage provoquant un écho retentissant, "Des origines de la nation martiniquaise" aux Éditions Désormeaux. Une étape supplémentaire dans l’émergence d’une forme de conscience nationale, apparue à la suite des émeutes de décembre 1959. Le procès de l’Organisation de la jeunesse anticolonialiste de la Martinique, l’OJAM, en novembre 1963, révèle cette soif d’émancipation.
 

Un emblème commun à la mouvance nationaliste


Une volonté illustrée par la création d’un drapeau par Victor Lessort, l’un des militants emprisonnés. L’idée est reprise par les premiers militants indépendantistes, Guy Cabort-Masson et Alex Ferdinand, entre autres. Ils donnent sa forme définitive au drapeau que presque tous les nationalistes revendiquent, à l’exception notable du MIM.

Il ne doit rien au hasard s’il a été brandi lors des funérailles d’Aimé Césaire, en avril 2008. Que le PPM veuille s’approprier cet emblème est donc cohérent, cette formation ayant largement contribué à sa reconnaissance tout le long de ce dernier demi-siècle.

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