Le chef de l’État confronté à un choix cornélien quant à un nouveau confinement

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Emmanuel Macron
©Julien Mattia / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP

Les esprits sont méthodiquement préparés à un nouveau confinement, mais le président de la République hésite à le décréter, en raison des effets néfastes qu’il aura, bien qu’il permette de ralentir la circulation du virus Covid-19. Choisir entre deux inconvénients n’est guère aisé.

Le président de la République était supposé parler ce mercredi 27 janvier 2021, à l’issue du conseil de défense. Il n’en a rien été. Il a reporté son allocution de quelques jours. Manière pour lui de montrer son agacement face aux pressions d’une large fraction de la communauté scientifique l’appelant à décréter un troisième confinement.

Manière aussi de montrer que le chef de l’État est solitaire au moment crucial de prendre une décision dont chacun sait qu’elle aura un lourd impact sur la vie du pays et de ses habitants. Officiellement, le président souhaite disposer d’un bilan exhaustif de la période de couvre-feu portant sur les deux semaines prévues. Une séquence se terminant ce samedi 30 janvier 2021. Il lui a semblé prématuré de se prononcer avant cette échéance.

Une décision politique complexe

 

D’autant que plusieurs simulations montrent qu’un nouveau confinement risque d’avoir des conséquences plus graves que les deux précédents sur les plans économique, sanitaire et humain. Pourtant, le moindre mal reste le confinement. Il aidera au ralentissement de la circulation du virus. Sur le papier, le schéma est cohérent. Sauf que la capacité de financement de l’activité économique par les pouvoirs publics commence de se réduire.

Emprunter pour éponger les pertes des entreprises et soutenir l’emploi signifie augmenter la dette publique. Une charge supportée par les contribuables demain et par les générations suivantes après-demain. La potion magique peut se révéler un poison mortel.

L’autre terme de l’alternative est le maintien du couvre-feu dans les régions les plus affectées par le virus et son atténuation là où il circule peu. Néanmoins, la vie sociale y sera contrainte et l’activité ralentie. Dans ce cas, le risque majeur est de voir survenir une troisième vague de l’épidémie.

Confinement ou couvre-feu ?

 

Dans les deux scénarii, les conséquences seront dramatiques. Un confinement entraînera de nouvelles faillites d’entreprises, une nouvelle poussée du chômage, l’aggravation ou l’apparition de troubles psychologiques. Un confinement partiel sous la forme d’un couvre-feu entraînera à peu près les mêmes effets, certes amoindris.

Confiner ou pas : choisir entre deux séries d’inconvénients n’est pas une sinécure. Il ne fait pas bon être président ces temps-ci. La Martinique étant relativement à l’abri avec un virus circulant peu, nous pouvons lui conseiller de prendre quelques bonnes tasses de tisane d’atoumo, la plante qui guérit de tous les maux, notamment du stress et de l’anxiété.

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