Le nouvel obstacle de Méghane Grandson

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Méghane Grandson
Méghane Grandson, championne de France espoirs sur 400 m haies. ©PHOTO ATHLE
Les Jeux Olympiques se poursuivent ce lundi (15 août) avec la suite de l'athlétisme. Parmi les jeunes qui rêvent de ces épreuves, il y a Méghane Grandson. En juillet dernier, la Martiniquaise a été sacrée championne de France espoirs sur 400 mètres haies. Et elle ne compte pas s’arrêter là.
Elle a pour modèle l’Américaine Allyson Félix, neuf fois championne du monde. "J’aime beaucoup sa façon de courir. J’aime sa simplicité, son humilité et son grand sourire", explique Méghane Grandson. À 21 ans, le palmarès de la jeune Martiniquaise, spécialiste du 400 mètres haies, n’est pas aussi fourni. Mais il a déjà quelques lignes : Championne de France junior en 2013, médaillée de bronze aux Carifta Games en 2014. En juillet dernier, à Aubagne, elle a obtenu le titre de Championne de France espoirs.

"J'ai prié, j'ai foncé. Je me suis dit qu'il fallait partir vite", raconte Méghane. "Ma principale rivale est une coureuse de 800 mètres. Si je suis en retard par rapport à elle, elle va finir plus vite que moi. Il fallait avoir de l'avance sur elle. Et c'est ce que j'ai fait".

Regardez la course de Méghane Grandson à Aubagne, le 16 juillet 2016, lors des Championnats de France espoirs. Elle est filmée par son club, le Madinina Athlétisme.



Une progression nette

Pour cette course, elle a bouclé le tour de piste en 57'81, battant ainsi le record de Martinique. "Le chrono est descendu d’un coup. Avant la finale, j’avais un record à 58’79. Je ne m’attendais pas à descendre sous les 58 secondes", affirme-t-elle. "Pas comme ça en tout cas". Sa performance est remarquable. Pendant la saison, Méghane Grandson s’aligne sur 400 mètres et sur 200 mètres car il n'y a pas assez de courses de 400 mètres haies en Martinique.

En septembre, elle pourra poursuivre cette progression. Elle continuera ses études de comptabilité gestion dans l’Hexagone. À la rentrée, la sociétaire du Madinina Athlétisme devra trouver un nouveau club et un nouvel entraîneur pour atteindre son objectif. "Mon rêve, ça serait de pouvoir me réveiller, manger, m'entraîner, dormir", sourit Méghane. "Je fais mes études à côté parce que le sport, ça reste aléatoire. Mais le haut niveau m'intéresse énormément. Mon premier objectif est de continuer à progresser, à m'entraîner, à prendre du plaisir dans ce sport, à battre mon record l'année prochaine et un jour participer aux Jeux Olympiques".

Le soutien de la famille

Pour franchir ce nouveau palier, Méghane pourra compter sur le soutien de ses parents et de ses trois soeurs. "Nous l'accompagnons de près ou de loin à ce travail. Nous essayons d'être une source d'encouragement", rassure David Grandson, le père de Méghane.

Elle aura besoin de soutien, elle qui a déjà connu un échec, celui de ne pas intégrer l'INSEP (Institut National du Sport, de l'Expertise et de la Performance), l'école du haut niveau français. "Je n'étais pas prête", concède Méghane Grandson. "Quelqu'un m'a dit un jour que si on met des barrières devant vous, parfois il ne faut pas se poser de questions. Il faut les contourner et peut-être que l'on va atteindre un trésor beaucoup plus gros que ce l'on visait".