Les algues sargasses ont-elles une incidence sur la dégradation des appareils électroniques ?

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Sargasses
Les techniciens étudient les émanations d’hydrogène sulfuré et de l’ammoniac et ses conséquences sur les installations ©JCS

Madininair et l’Université des Antilles ont entamé un projet de recherche sur la corrosion des matériaux métalliques due aux échouages des Sargasses. Des résultats attendus par les populations de Guadeloupe et de Martinique suite aux dégradations prématurées de nombreux appareils électroniques

Le projet CORSAIR, corrosions atmosphérique et marine, est financé par l’Agence Nationale de la Recherche et la Collectivité Territoriale de Martinique. Neuf partenaires de la Caraïbe et de la France métropolitaine vont travailler pendant trois ans sur trois axes de recherche : la corrosion atmosphérique, la corrosion marine et l’approche juridique de la dégradation accélérée des matériaux par corrosion.

L’Agence Nationale de la Recherche et plusieurs structures régionales et internationales, telles que l’ADEME, les collectivités de Guadeloupe, de Martinique et de Guyane, ainsi que les agences brésiliennes FAPESP (Fondation pour la recherche de São Paulo) et FACEPE (Fondation pour le soutien de la science et de la technologie de l'État de Pernambuco) veulent dépasser le stade de la  réaction dans l’urgence et de se projeter dans une perspective à long terme.

Les régions côtières de Martinique, de Guadeloupe mais d'une manière générale de la mer des caraïbes et du golf du Mexique sont confrontées à un développement massif et incontrôlé d’algues sargasses. Les échouages massifs soulèvent des problèmes sanitaires, économiques et environnementaux majeurs. 

Sargasses
Des algues sargasses dans le port de Fort-de-France (2019) ©JCS

Le projet CORSAIR fait partie intégrante de l'appel "SARGASSUM" de 2019. Cette initiative conjointe, première du genre par le périmètre de la communauté scientifique et économique doit permettre de créer une communauté de savoirs et d’expertises de référence sur la thématique des sargasses.

Les neuf partenaires ont répondu à un appel à projets, afin d’apporter des solutions pragmatiques à ces échouages et enrichir les connaissances sur le phénomène, sur l'Impact des composés chimiques issus de la décomposition des sargasses et le rôle des microorganismes sur la corrosion de matériaux métalliques.

La contribution de Madininair

 

Madininair a installé des micro-capteurs pour la mesure de l’hydrogène sulfuré et de l’ammoniac, ainsi que des jauges pour évaluer les sels marins dans des retombées atmosphériques. Ces mesures doivent permettre aux chercheurs de mieux comprendre l’impact des composés chimiques issus de la décomposition des Sargasses sur la corrosion de matériaux métalliques.

L'observatoire  en Martinique accompagne les chercheurs dans la stratégie d’étude afin de mettre en corrélation le phénomène de dégradation des matériaux avec la qualité de l’air. Elle réalise depuis janvier 2021 des mesures spécifiques dans l’air ambiant, des composés corrosifs issus de la biodégradation des algues sur 3 sites distincts : un site fortement impacté par les échouages, un site modérément impacté et un site à l’intérieur des terres, éloigné des échouages mais surlequel une dégradation accélérée des matériaux est observée.

Le laboratoire de  l'Université des Antillles

 

Du côté de l'université des Antilles, le laboratoire des matériaux et molécules en milieu agressif (L3MA) de l’UFR STE (Sciences Technologies Environnement) dirigé par Christophe ROOS, a pour objet l’étude de la corrosion atmosphérique et marine des matériaux métalliques. Le L3MA mène, en effet, des recherches répondant aux problématiques locales (en Guyane et maintenant aux Antilles) tout en gardant une dimension internationale. Le L3MA est le seul laboratoire français travaillant sur les inhibiteurs de corrosion naturels issus de la biodiversité tropicale. Il est également le seul à proposer des consortia bactériens électro-actifs provenant des biotopes amazoniens et caribéens. 

Quelles indemnisations ?

 

Les travaux sont suivis par les populations concernées par les deversements d'algues sur les côtes. Une mission gouvernementale en juillet 2016 s'ést rendue dans les Antilles. Tristan Florenne, Inspecteur général de l’administration,  François Guerber, Ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts  et  François Colas Belcou, Ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts ont entamé l'étude d’incidence pour valider la mise en place d’un mécanisme financier pour gérer le risque sargasses.

Cette nouvelle étude scientifique est attendue pour l'indemnisation des habitants installés sur le littoral cotier. Les techniciens étudient les émanations d’hydrogène sulfuré et de l’ammoniac et ses conséquences sur les installations électriques.