Une pause dans les coupures d'eau..pour l’instant

eau potable
Robinet d'eau
©Suju
Les quelques épisodes de pluies de ces derniers jours ont permis un arrêt momentané des tours d'eau sur certaines communes. Mais ce répit devrait être de courte durée. En effet, les rivières de captages affichent des niveaux très bas, d'où les restrictions. 
Faire une danse de la pluie serait la meilleure solution au déficit d'eau que nous connaissons sur certaines communes du centre et du sud de Martinique. Cela peut faire sourire, voir irriter ceux qui souffrent de coupures fréquentes, mais malheureusement il convient d'implorer le ciel en cette période de carême. 
 

Des cours d'eau au plus bas


L'eau qui coule dans les robinets est produite à partir d'eau captée en rivière.Sauf qu'en ce moment, les cours d'eau de la rivière Blanche et Lézarde qui sont deux gros points de captage, sont au plus bas. 

Les hydrogéologues nous disent que c'est pire cette année parce que nous souffrons du déficit de l'année dernière avec un carême très important et du non-rechargement des ressources durant la période pluvieuse. Donc le carême de cette année est beaucoup plus ressenti et on sent beaucoup plus rapidement les effets de la sécheresse, explique Sandra Sesotris, directrice exploitation (production d'eau potable, exploitation des réseaux d'eau potable et assainissement) Odyssi. 
 

Ainsi, dès le 18 mars 2020, par le biais d'un communiqué, le Préfet de Martinique a placé l'île en "zone d’alerte sécheresse" afin de préserver la ressource en eau. Cela comprend différentes mesures de restriction.
communiqué sécheresse 2020
©Préfecture de Martinique
La semaine dernière, la Société Martiniquaise des Eaux et Odyssi ont averti leurs clients sur leurs pages Facebook, de tours d'eau dans différents quartiers ou communes durant la journée afin de répartir la quantité disponible entre les abonnés.

On parle de tour d'eau. Parce que si on ferme c'est pour assurer une tournante. On le fait pour préserver. On dit c'est chacun son tour, précise Fabrice Dambo chef d'agence métiers eaux potables à la SME.  
 

Quand on a eu les grosses difficultés la semaine dernière, on a fait un point avec les producteurs, c'est parce qu'on a perdu 15 000 m3 jours. Sachant que les besoins sont les mêmes voir en augmentation puisque les gens sont chez eux. 
Et vous avez 15 000 m3 jours de ressource en moins. 
Donc on est obligé de répartir ces 15 000 m3 entre tous les opérateurs et tous les abonnés, explique Sandra Sesotris. 

Bonne nouvelle, cette semaine, aucun message n'a été posté parce qu'il y a une légère amélioration liée aux épisodes de pluies de ces derniers jours. 

Je n'ai pas de coupures aujourd'hui (mardi 24 mars 2020) ni demain (mercredi 25 mars 2020). Je ne peux m'avancer beaucoup plus puisque ça dépend des conditions météorologiques, confie Fabrice Dambo chef d'agence métiers eaux potables SME. 
Mais pour que cela ait un intérêt, il faut qu’il pleuve au niveau des rivières Lézarde (Lamentin), Blanche (Saint-Joseph) et Capot (Lorrain), insiste-t-il. 

Ainsi, s’il pleut chez vous, à Sainte-Anne ou au Diamant, cela n’a aucune incidence. 
 

Des carêmes sans eau


Chaque période de carême, c'est un peu la même rengaine. Il n'y a pas d'eau et les Martiniquais subissent des tours d'eau. De surcroît cette année, à caus de la pandémie de coronavirus Covid-19, difficile de se laver régulièrement les mains sans eau. 

Chaque année c'est vrai, on parle de sécheresse, mais malheureusement en Martinique nous sommes soumis à une production qui vient quasiment exclusivement de l'eau de surface.

Sachant que l'ensemble des producteurs pour pallier à ses problèmes sont en train de mettre en place des forages. Il y a plusieurs axes qui sont travaillés. Il ne faut pas croire que nous subissons la sécheresse sans n'avoir rien mis en oeuvre.

Mais les besoins de l'eau ne cessent d'augmenter. Et en plus avec le Covid-19, on constate une augmentation des consommations donc on essaye de faire notre maximum pour la préparer, mais c'est compliqué pour nous producteurs, avoue la directrice exploitation d'Odyssi. 

Une réalité difficile à accepter pour les abonnés qui souhaitent juste avoir de l'eau dans leurs robinets. Si dans certaines régions du sud de la France, les réductions de débit au robinet sont privilégiées à la coupure, en Martinique, selon les professionnels, cela se révèle plus difficile à mettre en place du fait du réseau (de nombreux réservoirs) et du relief. 
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