Qui est Xavier Niel le repreneur de France-Antilles ?

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Xavier Niel
L'entrepreneur et patron de France-Antilles Xavier Niel (septembre 2019) ©Francetvinfo/ERIC PIERMONT / AFP
Xavier Niel est le nouveau propriétaire de l'ex-groupe multimédia France-Antilles. Le tribunal de commerce de Fort-de-France s'est prononcé ce mardi 17 mars 2020 en sa faveur. 126 salariés retrouvent leur poste de travail. Du minitel rose à France-Antilles, portrait d'un communicant "hors-pair".
6e fortune de France, ses multiples investissements dans les médias laissent penseurs. Le quotidien, Le Monde, le groupe Nice-Matin, Mediapart, Bakchich, Atlantico, Electron Libre ou encore Causeur. Et aujourd'hui l'investisseur fait l'acquisition du l'ex-groupe France-Antilles. Il dispose dorénavant de deux quotidiens sur les départements de Guadeloupe, de Martinique  d'un site numérique en Guyane, ainsi que des hebdomadaires (télé, femme cuisine...) et une fréquence radio. L'activité démarre le premier avril 2020.
 

Le virus de l'informatique 


Xavier Niel avait tout juste 15 ans, quand il reçoit son premier ordinateur. Après des études courtes, il abandonne sa prépa en maths sup' pour se lancer dans le minitel rose.

Il crée et gère lui-même des serveurs, ce qui lui permet de se constituer rapidement une petite fortune. Cette activité dans le réseau de charme collera à l'homme une image sulfureuse qui lui vaut d'être accusé de proxénétisme aggravé avant de bénéficier d'un non-lieu en 2007. Sa création fait de lui un millionnaire à l'âge de 24 ans.

Au milieu des années 90, il flaire le potentiel du web et investit dans WorldNet, le premier fournisseur d'accès Internet grand public en France, qu'il revendra en 2000.
 

Le monde de la téléphonie


Xavier Niel crée en 1999 sa propre offre de téléphonie mobile sous le nom de Free et commercialise la Freebox, boîtier unique pour internet, la téléphonie et la télévision qui révolutionnent le marché.

Il est le fondateur et le vice-président du groupe Iliad, spécialisé dans les télécoms et les médias. Avec ses deux associés, Olivier Rosenfeld, le directeur financier et Michael Boukobza, directeur général d'Iliad, Xavier Niel décide de l'introduction en bourse de Free en 2004.

En 2005, Iliad-Free affiche une capitalisation de 2,3 milliards d'euros.

En 2008, il rachère Alice ADSL et devient numéro deux du marché internet devant Neuf-SFR. Désormais Alice-Free détiennent 26 % de parts de marché.


Xavier Niel et la presse 


En 2010, il s'associe à Matthieu Pigasse et Pierre Bergé pour racheter le journal Le Monde avant d’entrer, en 2017, au capital du Magazine Littéraire à hauteur de 40%.

Xavier Niel est le seul propriétaire du groupe Nice-Matin après que l’autorité de la concurrence ait procédé à l’examen de la prise de contrôle exclusif du groupe Nice-Matin. Sa société (GNM) édite les titres de Nice-Matin, de Var-Matin et de Monaco-Matin et sa société holding NJJ (Le Monde, L’Obs).
 

Créateur de l'école 42


Adepte de la French Tech, il continue d’investir massivement dans des start-up tout en ayant créé l'Ecole 42, un établissement d'autoformation en informatique, ainsi que le plus grand incubateur d’Europe nommé Station F.

42 a été fondée à l’initiative de Xavier Niel en 2013 alors que l’industrie du numérique en France subissait une importante pénurie de développeurs informatiques. 
42 s’est lancé à l’international avec 21 campus pour 2020 dont 3 en France, Belgique, Maroc, Finlande, Pays-Bas, Russie, Brésil, Indonésie, Arménie, Japon, Colombie, Espagne, Canada et Italie.
 

Un symbole de la crise de la presse


"La question du pluralisme va se poser à un moment ou un autre", confirme Jean-Marie Charon, sociologue des médias à nos confrères de FranceInfo.

Mais pour le moment, Xavier Niel "investit rarement comme actionnaire exclusif", ce qui lui permet de désamorcer les critiques. Le patron de Free n'est toutefois pas réputé pour respecter particulièrement le travail des journalistes. "Il a poursuivi une journaliste des Echos pour diffamation, rappelle Gilles Sengès ? auteur du livre Xavier Niel, "l'homme Free". 

Pour le sociologue Jean-Marie Charon, le cas Xavier Niel illustre ainsi la crise de la presse. Les médias traditionnels, dont la valeur baisse par rapport aux entreprises d'informatique et de télécoms, finissent "à la merci de ces grands groupes".