La yole, un prototype en pleine évolution

yoles
Yole préparation
La préparation de la yole de l'association " Las Palmas" du Robert ©Martinique 1ère
Suite de notre série consacrée aux "belles histoires du tour de Martinique des yoles rondes". Dans ce deuxième volet, c'est la yole en tant qu'embarcation principale du tour qui est l'honneur. Depuis ses débuts, elle a évolué au niveau de sa composition architecturale.
Pour avoir une yole performante, il faut un budget conséquent parce que les prix grimpent très vite. En effet, qui dit participation au tour, dit aussi une préparation rigoureuse du matériel. 
Au départ, une yole est sans quille, sans lest, sans dérive, ni gouvernail et incapable de tenir le parcours varié à la misaine et de résister aux vents changeants. 

L'évolution de la yole

La construction de la yole depuis les premiers tours a quitté le stade artisanal pour plus de professionnalisme. Si les yoles mises à l’eau et engagées au premier tour en 1966 ne dépassaient pas 7,50 mètres en longueur et embarquaient cinq à six coursiers, celles de nos jours ont quatorze hommes et femmes à bord pour une longueur de 10,50 mètres en longueur avec des voilures de 80m2. 

La puissance d’une yole est telle qu'au tour, elle doit être menée par un équipage bien préparé et apte à naviguer dans des conditions nautiques clémentes ou difficiles. La longueur d’une yole qui était de 8,50 mètres à 9 mètres entre 1979 et 1985 est passée de 9 mètres à 10,30 mètres entre 1987 à 1994. C’est en 1994, lors d’une assemblée générale extraordinaire que la Société des Yoles Rondes a défini la longueur obligatoire de 10,50 mètres.

La yole est un assemblage de pièces

La yole est conçue par un assemblage sur une ossature de planches d’un seul tenant et d’une seule épaisseur, entre 15 et 20 centimètres. En fait, une pièce de bois massif sur laquelle est fixée l’étrave en forme de L, les foucas en forme de V, les membres et le tableau arrière plus communément appelé l’étambot complètent l’architecture de la yole. 

La première phase consiste à poser la mouture, une seule pièce qui supporte l’étrave et l’étambot. Sur l’ossature ainsi assemblée, les planches sont posées sur la partie extérieure des membres de façon horizontale, et ce parallèle à la monture qui comporte l’étrave et l’étambot. Pour le corps de la yole, le bois blanc, l’épigny et aussi le poirier sont les plus utilisés. On pose ensuite le ventre de la yole qui consolide la charpente. 

À l’arrière et à l’extérieur de la coque, à tribord et à bâbord sont montés les engrenages qui permettent de caler la pagaie afin de manœuvrer l’embarcation. Sous la monture il y a la semelle. Elle sert de protection et permet à la yole d’améliorer son cap et de diminuer la dérive. Contre l’étrave, à l’avant, une autre pièce effilée appelée taille-mer assure une meilleure pénétration dans l’eau. Juste après les foucas, la guirlande consolide les planches ou bordés. Les tôtes, des pièces de bois placées au-dessus des foucas et des sabots ont un orifice pour recevoir le mât. 

Pour cela, la qualité du bois détermine la suite de la partie que les coursiers et patrons engageront avec la mer. Les forces exercées par l’élément naturel sur le matériel obligent les associations à se doter d’un stock de bois de qualité et sans défaut pour parer à toutes les avaries dues aux rafales en pagaille lors d’une étape du tour. 
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