Les comoriens en situation irrégulière sont bloqués à Mayotte

C'est par le centre de rétention administrative de Pamandzi que passent tous les étrangers en situation irrégulière avant d'être expulsés de Mayotte.
Les reconduites à la frontières sont interrompues. Policiers et Gendarmes n’interpellent plus les sans-papiers faute de place en rétention.
La décision, annoncée mercredi 21 mars par le gouvernement de l’Union des Comores, de refuser les reconduites à la frontière des comoriens en situation irrégulière à Mayotte reste en vigueur. Elle bloque de fait  les interpellations, et commence à poser de sérieux  problèmes juridiques et sanitaires.
Les interpellations massives d’étrangers en situation irrégulière se sont  interrompues aussi vite qu’elles avaient commencé au lendemain de la visite de la ministre des outremers. Le Centre de Rétention Administrative (CRA) de petite-terre affiche complet avec 135 « pensionnaires ». Les quelque 50 hommes refoulés d’Anjouan il y a une semaine ont été placés au « centre de tri » de l’hôpital de Dzaoudzi dans des conditions précaires. Ce centre de tri consiste en deux « cages » qui servent habituellement de salle d’attente pour les personnes interceptées sur les kwassas afin de subir une visite médicale à leur arrivée.

Des problèmes logistiques et juridiques

Une quarantaine de femmes et  d’enfants sont hébergés sur des matelas par terre dans la salle de transit de la police de l’air et des frontières, proche du CRA. Cette salle n’est pas prévue pour des séjours longs. Il n’y a qu’une seule douche pour tout le monde… Et des problèmes de logistique tels la fourniture de repas ou  de couches-culottes.
La justice est maintenant saisie. Un juge de la détention et des libertés doit examiner la situation de chacun, ce qui n’est pas habituellement le cas dans les procédures toujours rapides au départ de Mayotte. Si au bout de cinq jours la situation n’est pas débloquée avec les autorités comoriennes, il faudra relâcher toutes ces personnes.


Quelques départs « volontaires »

Un avion d’Ewa a cependant pu décoller lundi matin  à destination d’Anjouan avec 44 personnes reconduites à la frontière. Il ne s’agit pas là d’un assouplissement de la position comorienne : Les passagers ont dû signer une déclaration dans laquelle ils « acceptent de partir de leur plein gré » afin que l’appareil soit autorisé à se poser à Anjouan.
Certaines familles comoriennes se sont en effet déclarées volontaires pour revenir dans leurs îles d’origine à la suite de menaces de « décasage » dont elles ont été l’objet notamment à Mtsamboro dans le nord de Mayotte.