Pendant plusieurs semaines, Omar est resté à quai, privé de son outil de travail après le passage du cyclone Chido.
Aujourd'hui, il reprend enfin la mer, à bord d'un bateau flambant neuf, plus spacieux et homologué. "On peut naviguer sans stress, sans craindre les contrôles, contrairement aux kwassas d’avant. Il y a aussi plus de sécurité, et de loin, on voit bien que ce n’est pas un kwassa", explique-t-il.
Son embarcation, d’un coût de 60 000 euros, a été financée à moitié par ses propres moyens et l'autre moitié par le Conseil départemental. Pourtant, malgré cette avancée, Omar regrette un détail, il est toujours limité à la zone des Dispositifs de Concentration de Poissons (DCP). "On aurait aimé aller un peu plus loin pour ramener de bons poissons à la population", confie-t-il.
L’acquisition du bateau n’a pas été simple. "Les démarches sont compliquées, et l’aide ne couvre pas tout. J’ai dû apporter des fonds supplémentaires pour le bateau et les moteurs. Il me manque encore une remorque pour pouvoir l’évacuer en cas de cyclone", souligne-t-il.
Pour l’aider dans son projet, Omar a fait appel à la Société Maritime, qui facilite l’achat de bateaux aux pêcheurs moyennant une commission. "Le pêcheur n’a rien à faire, on s’occupe de tout, de la commande jusqu’à la délivrance du permis", explique Raymane Maliki, gérant de l’entreprise.
Cette société a déjà accompagné 5 pêcheurs, un chiffre encore modeste en raison des coûts d’investissement élevés. "La reprise après Chido a été difficile, mais nous travaillons sur ce chantier depuis 15 ans. Notre objectif est de proposer des bateaux sécurisés, adaptés aux conditions de Mayotte", précise-t-il.
Fabriqués par le chantier naval malgache Techmarine, ces bateaux de 12 mètres sont conçus pour la pêche locale, avec un pont sécurisé et deux moteurs. "Certains pêcheurs commandent leurs bateaux eux-mêmes, d’autres passent par nous", ajoute Raymane Maliki.
Si ces nouveaux bateaux permettent aux pêcheurs de reprendre la mer dans de meilleures conditions, des défis persistent. Le manque d’infrastructures portuaires, fortement touchées par le cyclone Chido, freine encore un véritable renouveau du secteur.
Pour beaucoup, le retour à une activité sereine passe aussi par de meilleures installations et un accompagnement financier plus conséquent.