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"Manzarakas" : un business bien juteux

A qui profitent les manzarakas ? Boissons, décorations ou colliers de fleurs de jasmin, les cérémonies de mariage, autrefois ordinaires, sont devenues
des business. Le manzaraka est une pratique nouvelle qui est très à la mode pour célébrer les cérémonies de mariage à Mayotte. 

 

Manzaraka, décorations © Beye Abdele Photographie
© Beye Abdele Photographie Manzaraka, décorations
  • Taslimah Abdou Hamza et Emmanuel Tusevo Diasamvu
  • Publié le , mis à jour le
Nous avons rencontré plusieurs opérateurs économiques dans l’événementiel de l'organisation des mariages qui restent évasifs sur leurs chiffres d’affaires durant la période des manzarakas. Nous avons enquêté sur leurs différentes prestations et tarifs. Une grossiste de vente de tissus indiens "Le Sari", basée en France métropolitaine, nous a révélé que 40 % de sa clientèle vient de Mayotte. Elle vend des "Sari" allant de 185 à 250 euros. Quand on  multiplie par 30 mariées, la gérante gagne entre 5 500 à 7 500 euros. Ces chiffres d’affaires, ce n’est pas l’entrepreneure qui nous les a divulgués. Nous les avons trouvés sur sa page Facebook. Cette entreprise n’est pas la seule à faire profil bas quant à ses bénéfices.
 

Une association à but non lucratif pour la confection des colliers de fleurs assure qu’elle a des commandes allant de 300 euros minimum à 700 euros par mariage. Un week-end leur rapporte jusqu’à 2 000 euros de commande. Les 200 invitées qui vont aux manzarakas veulent toutes avoir un collier de perles avec des boules de jasmin. Un "souradj" (collier de perles avec jasmin) comporte 7 boules minimum. Une boule coûte 2 euros. La commande de "souradj", pour un manzaraka de 200 femmes est de 1 400 euros. Ce business de confection de colliers de jasmin rapporte beaucoup mais souvent les personnes qui exercent cette activité le font au noir.

 
© Beye Abdele Photographie
© Beye Abdele Photographie
      
 

Le marché de l’événementiel en essor


L’événementiel est une activité fructueuse surtout durant cette saison des mariages." R et D Événementiel " est une entreprise qui a ouvert
 ses portes il y a trois ans. Ayant constaté le manque de certains accessoires de mariages dans son entourage à Mayotte, il a fait le choix d'aller s'approvisionner en Chine." R&D Evénementiel " propose différentes prestations : location de chaises, de chapiteaux, de tables...  Les tarifs varient en fonction de la demande des mariés. La gérante de cette société nous a déclaré qu’elle assure jusqu’à quatre cérémonies de mariage par week-end. Pour la décoration d’un bandrabandra de manzaraka, le site du mariage, le tarif est de 1 600 euros. Cette saison est florissante pour " R&D Evènementiel".

Un autre entrepreneur, qui tient à garder l’anonymat, propose un plus : des chapiteaux climatisés. Une nouveauté qui lui attire beaucoup de clients. Il a créé son entreprise il y a trois ans avec le but d’innover dans ce domaine pour perpétuer la tradition des manzaras. Cet entrepreneur se ravitaille en gros pour être sûr de satisfaire sa clientèle. Le grand nombre des mariages ne lui laisse aucun répit. Ses tarifs varient selon les dimensions de l’espace loué. Le prix peut aller de 2 000 à 4 000 euros. Il lui arrive d’avoir jusqu’à 6 clients par week-end.
 
© Beye Abdele Photographie
© Beye Abdele Photographie
 
 

Des boissons consommées par milliers


Ces mariages profitent aussi aux grandes distributions. L’une d’elles nous a révélé que son chiffre d’affaires sur les boissons non alcoolisées a explosé. Celui-ci a atteint 45 000 euros en juillet dernier . Au milieu du mois d'août en cours, la recette en boissons est estimée à 10 375 euros. Le responsable de la distribution prévoit une hausse allant  jusqu’à 50 000 euros d’ici la fin du mois.

Du côté des consommateurs, on enregistre aussi une forte augmentation durant les manzarakas. Une famille, qu’on a rencontrée, a prévu jusqu’à 9 palettes de boissons pour 9 500 euros. Sur chaque palette il y a 200 cageots de jus, de sodas et autres. Le responsable en magasin nous a  déclaré qu’une palette leur rapporte entre 2 000 à 3 000 euros.

Les manzarakas ont évolué durant ces dernières années. L’événement incontournable pour les mariés et leurs familles dérive dans le bling-bling et le grandiose. Les familles veulent en mettre plein la vue aux autres.C'est tout bénéfice pour les jeunes entrepreneures avisées qui ont flairé l'intérêt de se lancer dans l'événementiel.
 
© Beye Abdele Photographie
© Beye Abdele Photographie
 
 

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