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Pénurie d’eau à Mayotte : réunion entre le Préfet Frédéric Veau et les maires

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Eau
RETENUE COLLINAIRE DE DZOUMOGNE
Le Préfet de Mayotte, Frédéric Veau a rencontré,  vendredi 3 février 2017, les maires des huit communes concernées par les tours d’eau, en présence du président de leur association, Saïd Omar Oili.
A l'ordre du jour : le point sur la gestion de la crise d'eau que traverse le département.

Les services de l' Etat mobilisés pour résoudre la crise

Le Préfet a tenu à saluer les efforts des habitants du Sud de Mayotte, qui, depuis sept semaines ont adapté leur quotidien aux restrictions d’eau et qui font preuve d’un comportement exemplaire. Il a également assuré aux élus toute l’attention que porte le gouvernement à Mayotte. L’ensemble des services de l’État est mobilisé pour résoudre ce problème qui présente des enjeux d’intérêt général dans un esprit de collaboration avec les collectivités, indique un communiqué de la préfecture.

Inquiétudes des élus sur le fonctionnement des écoles

Les élus ont fait part de leurs inquiétudes : celles-ci portent notamment sur le fonctionnement des écoles. Sur ce point, et lorsque la situation le permet, des travaux de raccordement des établissements directement sur le réseau principal ont été menés. Ces travaux seront poursuivis avec le soutien de l’Etat. Les possibilités de  financement de  citernes et de participation à l’achat de bouteilles d’eau sont actuellement examinées.

La consommation humaine d’eau pluviale mais aussi celle provenant de puits dont la qualité n’est pas assurée est formellement déconseillée.

A ce titre, les recommandations sanitaires et les précautions d’utilisation font l’objet d’une  campagne de communication menée actuellement par  l’Agence régionale de santé. 

Il a été rappelé que seule l’eau provenant des rampes installées par le SIEAM et la SMAE est garantie potable. À ce titre, le SIAEM a soumis aux maires une liste de nouveaux points d’installation de rampes afin d’améliorer et de renforcer le service. 

Le Préfet a exposé les mesures qui sont déployées par l’État à court et moyen terme :

 

PREFET
LE PREFET FREDERIC VEAU

- Recours à un tanker pour lequel  le groupe Vinci mène actuellement une étude de faisabilité ;

- Interconnecter les réseaux Nord et Sud

-  Identifier de nouvelles ressources ;

- Favoriser l’installation de systèmes de récupération des eaux de pluies ;

- Equiper les  bâtiments publics et collectifs  en réducteur de débit ;

- Conduire des  études sur la surélévation de la retenue collinaire de Combani ;

- Optimiser le réseau d’adduction ; 

- Lancer l’étude sur une usine de potabilisation aux abords de la rivière Dembéni

Comme l’a indiqué la Ministre des Outre-mer, la construction de la 3ème retenue collinaire de Combani est une priorité  du gouvernement, inscrite au Contrat de Plan État-Mayotte 2015-2020.

Emmanuel TUSEVO DIASAMVU / Source : Communication Préfecture Mayotte.

 

mayi


   SUR LE MÊME DOSSIER : 

Ma             Manifestation jeudi 2 février 2017  à l’appel du Collectif de lutte contre la pénurie d’eau à Mayotte 

Les pénuries d'eau à Mayotte ont provoqué jeudi 2 février 2017 une manifestation destinée à interpeller les élus et les autorités sur les conséquences de la grave sécheresse qui sévit dans une partie du département.

Organisée à l'appel du Collectif de lutte contre la pénurie d’eau à Mayotte, cette manifestation d'environ 70 personnes s'est tenue dans les principales artères du chef-lieu Mamoudzou, en passant devant le Conseil départemental jusqu'à la préfecture.

La ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts, avait annoncé dans un communiqué mercredi  1 février 2017 que l'Etat envisageait d'envoyer un tanker d'eau, une piste "activement travaillée" en plus de la trentaine de "rampes" de distribution d'eau déjà installées.

 

Eau
PHOTO ORNELLA LAMBERTI / AFP ©PHOTO ORNELLA LAMBERTI / AFP

La pénurie d’eau sévit depuis mi-décembre au sud et au centre de Mayotte en raison du manque de pluies. Les habitants des communes de cette partie de l’île sont soumis à des rationnements en eau toutes les 72 heures. Une réunion du préfet avec les maires des huit communes concernées est prévue vendredi.

Les manifestants, reçus jeudi par un sous-préfet, sont ressortis très insatisfaits de la rencontre.

"A notre requête pour des mesures exceptionnelles d'alimentation des populations sinistrées en eau, la préfecture nous a répondu que l’Etat n’a pas assez de moyens et que les mesures qui doivent être appliquées en urgence pourraient coûter trop cher à l’Etat", a déploré à l’AFP Ousseni Ballache, membre du collectif et par ailleurs syndicaliste CFDT.

Le Collectif dénonce les conséquences qui se font déjà ressentir notamment au niveau sanitaire et économique, et le coût élevé de l'eau en bouteille dans une île touchée par la pauvreté.

"Nous avons des patients hospitalisés à domicile par souci d’économie pour la sécurité sociale et qui se retrouvent confrontés à la pénurie d’eau notamment en matière d’hygiène. Il faut ajouter que nous risquons des propagations des épidémies de typhoïde, de la gale, d’hépatite A...", s'est inquiété M. Ballache.

Les secteurs du BTP, de la restauration, du tourisme sont notamment pénalisés, a-t-il souligné.

Au niveau scolaire, des enfants sont réduits à se rendre à l’école pour 2 heures de cours par jour, les conditions hygiéniques des sanitaires n’étant pas garanties, a encore rapporté M. Ballache.

Selon le ministère, l'installation des rampes de distribution d'eau a permis de prolonger l'accès aux ressources existantes jusqu'à fin mars.

EMMANUEL TUSEVO DIASAMVU,Correspondant A.F.P. /et-map

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