Retour en force de l'insécurité à Mayotte

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Violence
©Aurélien Février
La violence entre bandes est montée brusquement d'un cran ces deux dernières semaines à Mayotte. Les attaques à l'arme blanche ont fait de nombreuses victimes; un jeune homme pourrait perdre l'usage de ses membres inférieurs.
Les Mahorais ont peur, du moins ceux qui habitent les zones où les actes de violence ont eu lieu. Des réunions ont été organisées dans de nombreux villages. C'est le cas de Bandrélé où des affrontements de jeunes ont fini dans la cour du lycée. Lors de ces rencontres, chaque communauté peut prendre la parole. Car, il s'agit de se regarder en face et de tenter de trouver des solutions, ensemble, pour résoudre ce problème qui perdure.

C'est un exercice particulièrement délicat parce qu'il faut, pour certains parents accepter d'entendre leurs enfants être désignés comme faisant partie des fauteurs de troubles et des agresseurs. Les échanges sont parfois houleux. 
Les familles d'étrangers et parfois en situation irrégulière à Mayotte sont régulièrement représentées dans ces réunions. Leurs représentants sont sommés de faire passer les décisions de fermeté prises par le conseil.
 

"Nous avons le mauvais rôle mais nous n'osons pas le dire. Il n'y a pas que nos enfants dans ces affrontements"

Une mère de famille en situation irrégulière à Mayotte



Des rencontres de ce genre sont organisées à chaque lendemain de bagarres. Des résolutions sont prises mais force est de constater que leur efficacité reste très limitée. 
Depuis les dernières échauffourées de Doujani et Majicavo, Passamainti ou encore Cavani, la peur est revenue. Ce week-end des automobilistes nous ont confié avoir restreint leurs déplacements vers Mamoudzou par peur des attaques. 

Dans certains quartiers, les habitants se sont imposés des couvre-feux de fait. Dès la fin de l'après-midi, ils s'enferment dans leurs cours. Seuls les téméraires et les voyous osent sortir. 
Des rues souvent mal éclairées et non bitumées. 

La semaine dernière a été particulièrement violente avec des magasins et des boutiques cambriolés et des règlements de compte à coups d’armes blanches. Les scènes sont filmées et les vidéos mises en ligne. 
La défiance a atteint un niveau inédit dans le département. Tous les regards sont maintenant tournés vers la justice car il y a eu des arrestations. Et la pression ne vient pas seulement de la population. Les gendarmes et les policiers aussi attendent un des signal fort pour qu’ils n’aient pas l’impression de se mettre en danger pour rien.

 
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