Déclarations d'intérêts: les parlementaires calédoniens sont peu loquaces!

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©NC 1ère
La Haute autorité pour la transparence de la vie publique a mis en ligne, pour la première fois, les déclarations d'intérêts et d'activité des 925 députés et sénateurs. Des déclarations désormais obligatoires, suite à l'affaire Cahuzac...

Ces déclarations ne doivent pas être confondues avec les déclarations de patrimoine qui elles ne seront pas rendues publiques.

Il s’agit bien cette fois d’ activités professionnelles exercées en plus du mandat, fonctions bénévoles ou de détention d’actions…
 
Le fait d’omettre de déclarer une partie substantielle de ses intérêts sera passible de trois ans de prison, d’une amende de 45 000 euros et pourra être assorti d’une peine d’inéligibilité.
 
Selon Jean Jacques Urvoas, le président de la commission des lois de l’assemblée nationale, "les informations fournies dans ces documents permettent aux citoyens de connaître les intérêts privés des parlementaires qui travaillent sur des sujets d’intérêt public".
En clair le but de l'opération est d' éviter les conflits d’intérêts...
 
Globalement, on note que la majorité des députés et sénateurs ont une déclaration plutôt vide. 
Seuls  10 à 15% des parlementaires auraient des activités annexes.
Une quinzaine d’entre eux a des revenus qui dépassent les 100 000 euros soit 12 millions de francs cfp par an. 
 
Ces déclarations s’intéressent également aux collaborateurs des parlementaires.
Là encore, environ un parlementaire sur dix a au moins un collaborateur qui porte le même nom de famille que lui.
 
Notez que l'emploi d'une personne de sa famille est autorisé mais encadré par les deux assemblées qui ont plafonné le niveau de rémunération pour les conjoints et les enfants.
Difficile de savoir si cette dernière règle et respectée puisque le salaire des collaborateurs n’apparaît pas....
 

Et les parlementaires calédoniens?

 
Comme nombre d’autres parlementaires, ils sont dans l’ensemble plutôt peu loquaces.
Beaucoup de cases remplies d’un seul mot : néant.
Seule la déclaration de Sonia Lagarde fait état de ses rémunérations en tant que commerçante.
On apprend ainsi que la députée a touché avec son magasin de prêt à porter près de 3 millions en 2012.
Le sénateur Hilarion Vendegou, de son côté, retraité, ne déclare aucune activité autre que ses mandats politiques.
 
Les deux autres parlementaires, à savoir Pierre Frogier et Philippe Gomès, ne déclarent également aucune activité professionnelle mais des participations financières directes dans le capital d’une société, à la date de leur élection.
Le député Gomès déclare des parts dans trois SCI, l’une correspond à la maison qu’il se fait construire à Nouméa, une autre à une maison familiale en Métropole, et une dernière déclarée pour 133 millions CFP.
 
Pierre Frogier, de son côté, fait état de ses parts dans l’Agence générale, l’agence immobilière qu’il détient avec Marie-Noëlle Thémereau, à hauteur de 100 millions de francs cfp, ainsi que des parts dans Alma Immobilier.
 
Des sociétés dont selon leurs déclarations, les deux hommes ne retirent aucune rémunération ou gratification...
 
Mais encore une fois, il faut rappeler que ces déclarations d’intérêts ne sont pas des déclarations de patrimoine et ne sont donc pas établies pour faire état des possessions de nos parlementaires.
 
Enfin, concernant les collaborateurs, certains de  nos politiques aussi emploient des membres de leur famille.
C’est le cas d’Hilarion Vendegou qui déclare son neveu comme homme de terrain et chargé des relations politiques.
Idem pour Pierre Frogier dont sa fille est l’un des trois collaborateurs parlementaires.