30e anniversaire de la disparition d'Yves Tual et d'Eloi Machoro

histoire
événements 1984
©NC 1ère
Il y a 30 ans, la Nouvelle-Calédonie vivait des heures sombres, le 11 janvier 1985, Yves Tual 17 ans, fils d'éleveur était tué par des indépendantistes. Le 12 janvier à La Foa, Eloi Machoro et Marcel Nonnaro étaient abattus lors d'une opération du GIGN.
Ce lundi, une cérémonie est organisée à Canala pour commémorer le trentenaire de la disparition du leader indépendantiste Eloi Machoro et du militant Marcel Nonnaro tués près de La Foa dans une opération du GIGN lancée au lendemain du meurtre d’Yves Tual, un fils d’éleveur tout juste âgé de 17 ans. 
 
Mais en 2015, en Nouvelle-Calédonie, l’idée de célébrer en « commun » ces moments tragiques a certes germé, mais semble avoir beaucoup de mal à se concrétiser...Ce mois de janvier 1985 symbolise la violence qui a opposé « Caldoches » et Kanak contrairement aux événements d’Ouvéa de 1988 où le « pardon » a pu être officialisé, même si le chemin a été long et difficile, entre les familles des militants indépendantistes et les militaires impliqués dans l’affaire de la grotte de Gossanah. 
 
Et pourtant ces 48 heures, du 11 au 12 janvier 1985 sont gravées à jamais dans la mémoire des Calédoniens, toutes origines et tendances politiques confondues, qui sont en âge d’avoir vécu cette période troublée… 
 
Les années 83 et 84 ont été très difficiles mais l’annonce de la mort du jeune Yves Tual ce 11 janvier 1985, sur la propriété de ses parents, a provoqué un choc sans précédent dans les rangs des « loyalistes » farouchement opposés à l’indépendance. La ville de Nouméa, jusque là souvent critiquée par son absence de réaction face aux violences dont sont victimes depuis plusieurs mois les « Broussards », va plonger dans une nuit d’émeute du 11 au 12 janvier en prenant notamment pour cible les entreprises appartenant à des «traîtres»…
 
Pour les indépendantistes, Eloi Machoro, restera un symbole toujours vivant matérialisé notamment par une photo qui a fait le tour du monde, celle d’une urne fracassée à coup de hache le 18 novembre 1984. Le FLNKS avait décidé de boycotter les élections, exprimant ainsi son refus du statut Lemoine. Quelques jours plus tard, Jean-Marie Tjibaou formait le gouvernement provisoire de la République Socialiste de Kanaky. Eloi Machoro en était le ministre de la sécurité. A ce titre, il dirigea  la prise de contrôle armée du village de Thio mi-décembre....Après Thio, le leader indépendantiste avait pour mission de s'attaquer à la Côte Ouest de la Grande Terre avec pour objectif de « conquérir » La Foa.
 
L’Etat pensait réussir à rétablir l’ordre en prenant la décision de neutraliser Eloi Machoro, le lendemain de la mort d’Yves Tual.
 
Le 12 janvier 1985, la gendarmerie déclenchait une opération pour libérer la maison d'un «caldoche» occupée par des militants indépendantistes emmenés par Éloi Machoro près de La Foa. Éloi Machoro, 39 ans, et un autre Kanak Marcel Nonnaro étaient abattus par deux tireurs du GIGN…
 

 

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