Covid-19 : la Nouvelle-Calédonie déplore plus de cent victimes de la pandémie

coronavirus
Point presse du gouvernement du 28 septembre 2021, Dr de Greslan
Le Dr de Greslan dressant le bilan sanitaire, le mardi 28 septembre. ©NC la 1ere
Durant le point sanitaire quotidien dressé depuis le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, on apprenait ce mardi huit nouveaux décès, portant à 101 morts le terrible bilan de la pandémie.

"Nous avons dépassé la barre des cent patients décédés en Nouvelle-Calédonie. C'est un chiffre qui nous attriste particulièrement. Ce chiffre va continuer à croître." C’est au Dr Thierry de Greslan, président de la commission médicale d'établissement du CHT, qu’est revenu la lourde mission de l’annoncer, ce mardi après-midi, lors du point presse quotidien au gouvernement. Huit nouveaux décès sont à déplorer en vingt-quatre heures. Soit un bilan officiel de 101 victimes.

Un médecin qui a évoqué "des histoires parfois dramatiques, avec plusieurs décès dans la même famille". Ces patients avaient un âge, en moyenne, de 72 ans et 92 % n’étaient pas vaccinés. 

Plus de 6 800 cas Covid +

Le dernier décompte est de 6 838 cas positifs confirmés (459 de plus) avec un âge moyen de quarante ans. Le service de réanimation abritait 53 malades, dont le plus jeune a 27 ans, pour une capacité de 61 lits. Non vaccinés, sauf deux personnes qui l’ont été, il y a plus de six mois. Le Dr de Greslan a évoqué 297 patients hospitalisés en secteur Covid au Médipôle, "et ils ont besoin de quantités très importantes d’oxygène, avec des états parfois critiques".

En tout, "il y a 189 patient positifs surveillés actuellement sur tout le territoire : 158 en province Sud, dix-huit aux îles et treize dans le Nord". En annonçant, "aujourd’hui, on organise avec la province Îles, avec Ouvéa, un transfert de deux patients qui arriveront ce soir, qui sont dans un état préoccupant. Il y a eu deux transferts hier de Lifou." 

Ces nouvelles sont préoccupantes. Elles montrent aussi le faible taux de vaccination, aujourd’hui encore, de la population, qui entretient un nombre important de cas graves.

Dr de Greslan, président de la CME du CHT

 

Le Médipôle au bord de la saturation

Meilleure nouvelle, ces 3 830 personnes considérées comme guéries. "Certains ont encore besoin d’oxygène, certains ont encore besoin d’une petite surveillance et certains auront besoin d’une rééducation pneumologique." Le coordinateur du dispositif hospitalier a aussi précisé que le Médipôle oscille, selon le moment, entre 83 et 95 % de lits occupés. "On a une petite marge qui nous permet d’absorber le flux continu de patients qui continue à nous arriver de tout le territoire."

Nous avons une organisation solide. Nous devons être solidaires. Il faut vous faire vacciner.

Les "trois messages" du Dr de Greslan

 

Une offre de rééducation en cours d’élaboration   

Le Covid ne fait pas seulement des morts. Il laisse aussi des séquelles pour bon nombre de patients. Selon le Dr de Greslan, une rééducation est nécessaire "dans 100 % des cas réanimatoires", dans "70 % des cas d’hospitalisation en soins critiques", et dans "10 à 15 % des cas de patients hospitalisés en secteur de médecine". L'objectif étant d'aider ces malades à retrouver leur mobilité, pour des gestes de la vie de tous les jours, tels que "marcher ou monter les escaliers"

Cette offre de soins en rééducation pneumologique "est en cours de construction sur le territoire", a indiqué le président de la CME du CHT, le nombre de lits au Médipôle étant insuffisant "pour rééduquer tous les patients qui en auront besoin, dès la semaine prochaine"

Appel au calme 

Il a également rendu hommage à l’engagement des soignants, remercié les Calédoniens de tous leurs signes de soutien. Et face aux polémiques et aux conflits, le médecin a appelé au calme, au bon sens et à la générosité de tous. "Même si nous ne sommes pas d’accord entre nous, il faut quand même aider tout le monde."

Le Dr de Greslan a ainsi demandé à ce que les polémiques "autour de certains traitements (..) cessent", et à "ne pas faire preuve d’agressivité ou de colère". Selon lui, "même si la maladie est injuste, il faut faire preuve de courage et de solidarité pour essayer de limiter les conflits qui ne sont pas productifs et nuisent à la prise en charge des patients". 

Le représentant du Médipôle a notamment assuré que des "solutions" allaient être "trouvées" pour tout le monde. Le médecin estime, par ailleurs, que Réinfocovid a mis en place "une organisation des soins qui est tout à fait intéressante". "L’ivermectine, la chlororoquine, c’est un faux débat. Se centrer sur ça, c’est stigmatiser la colère."

C’est vraiment un tournant dans notre histoire sur le plan des soins. J’en appelle à la conscience de chacun pour trouver un dialogue d’apaisement.

Thierry de Greslan, président de la Commission médicale d’établissement du CHT

 

La piste d’une nouvelle thérapie 

Actuellement, l'oxygène est le tout premier des traitements pour les patients qui font une forme sévère de la maladie. "On (en) utilise plus de six tonnes par jour, juste au Médipôle", a précisé le président de la commision médicale d'établissement du CHT. Toutefois, des discussions sont également en cours "pour développer les anticorps monoclonaux, qui sont une nouvelle thérapie", a indiqué le docteur de Greslan, qui espère que ces anticorps pourront être"développés très vite".

Parmi les premiers patients qui pourraient bénéficier de cette nouvelle thérapie : les insuffisants rénaux et les greffés rénaux, des "malades extrêmement fragiles". Environ 50 dossiers de traitement par anticorps monoclonaux seraient "en attente" pour cette population qui "a été extrêmement bien vaccinée par les néphrologues du territoire", a souligné le médecin. 

Deux types de prise en charge existent avec ces anticorps monoclonaux : la forme "curative" pour empêcher les patients de développer une forme grave, quand ils ont déjà contracté la maladie, et le "schéma préventif ". Mais pour ce dernier, "il faudrait qu’on ait beaucoup de traitements pour pouvoir les appliquer", a ajouté le docteur de Greslan. " Je ne pas sûr qu'on soit en mesure de le faire ici, mais ça existe". 

 

La synthèse du point presse par le gouvernement :