Henri Brown, un Kanak dans les SAS

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Henri Brown
Henri Brown, membre des SAS pendant la Seconde guerre mondiale ©DR
La présence sur le territoire de la flotte de l’armée de l’air et de l’espace lève le voile sur une partie cachée de l’histoire calédonienne, celle de Henri Brown, le nom donné à cette mission. Un Kanak originaire de Poum qui se voit ouvrir les portes de la très secrète unité des SAS.

L’héritage d’Henri Brown, c’est avant tout la mémoire d’un parachutiste kanak de la seconde guerre mondiale. Né dans la région de Poum le 10 décembre 1924, l’enfant du pays grandi dans une fratrie de 9 enfants jusqu’à ce qu’il intègre les SAS, cette unité très secrète et aristocratique.

En 1943, à seulement 19 ans, Henri Brown s’engage dans les forces aériennes de la France libre et suit un entrainement de parachutiste en Ecosse. Il se confiait à Wallès Kotra en janvier 1985 : « Le 9 juin au matin, on m’a dit : 'Brown, vous allez passer pour prendre vos armes, ce soir vous partez !' J’étais content parce que j’était fatigué de rester dans le camp. Et nous avons sauté dans la forêt de Duhaut en Bretagne ».

Avec lui, 6 autres Calédoniens, tous parachutés en Bretagne en 1944. Et Henri Brown était le seul Kanak. Fanny Pascual, historienne et maître de conférence à l’université de Nouvelle-Calédonie, a étudié le parcours du soldat : « Ça ne rend que plus glorieux son parcours parce que ça ne devait pas être simple d’être dans ces unités, où il y avait des Britanniques, des Australiens, Sud-africains. Il y avait cette ségrégation importante entre les races». Ses origines auront inspiré le personnage du Kanak dans le film Le Bataillon du ciel de 1947. Henri Brown est rentré en 1946. Il s’est éteint à 64 ans, en 1989.

Le portrait de Henry Brown par Joanna Robin :

©nouvellecaledonie