Pour l'UT CFE-CGC, le confinement a mis en lumière la fracture numérique

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Aprè sle confinement, point enseignement par l'UT CFE-CGC, 11 mai 2020
©Coralie Cochin / NC la 1ere
Après la reprise des cours à effectifs complets en Nouvelle-Calédonie, l’UT CFE-CGC fait le point sur le volet enseignement de la crise sanitaire. La continuité pédagogique lors du confinement a mis en lumière une réalité : la fracture numérique pénalise encore de nombreux élèves. 
La période de confinement strict a mis au grand jour la fracture numérique, entre élèves mais aussi entre établissements. Dans certaines filières professionnelles, un ou deux élèves sur dix seulement étaient connectés, contre sept à huit dans les filières classiques. Des inégalités que le syndicat UT CFE-CGC espère atténuer.
 

On suppose qu'en Nouvelle-Calédonie, on est en mesure de pouvoir, par famille, proposer un matériel informatique, notamment en passant par l'opération MIPE du gouvernement, puis permettre d'avoir accès à la 3G, pour des sites comme Pronote ou des sites éducatifs.
- Yvans Cayrey, responsable enseignement secondaire, UT CFE-CGC

 
Coronavirus, école à la maison pendant le confinement, avril 2020
Pendant le confinement strict, le collège à la maison. ©NC la 1ere
 

Alléger le programme

Après quatre semaines de retard dans les enseignements, comment rattraper le programme ? Surtout pour les classes en examen... Certes, des séances de rattrapage devraient être proposées la première semaine des vacances d’août et en octobre, sur la base du volontariat. Mais pour le syndicat, il faut aussi alléger le programme.
 

On demande que, très rapidement, les corps d'inspection fassent les remontées au vice-rectorat, pour voir quelle sont les notions qu'on pourrait faire sortir du programme. En tout cas qui ne seront pas évaluées lors des examens. Les enseignants, par exemple de terminale, nous disent que pour eux, ce n'est pas possible de terminer le programme de l'année.
- Fabienne Kadooka, responsable enseignement secondaire, UT CFE-CGC

 
Rentrée 4 mai lycée poindimié
La rentrée au Lycée Antoine Kela de Poindimié ©Karine Boppdupont
 

L'impossible distanciation

Alors que certaines écoles rouvrent cette semaine en Métropole, l’exemple calédonien montre que la distanciation sociale est difficile, sinon impossible, à faire respecter. Surtout dans les petites classes.
 

Il faut que les parents comprennent que la distanciation sociale n'est pas possible même avec la meilleure volonté du monde. Que ce soit à la cantine, durant les récréations, les enfants sont près les uns des autres. 
- Larissa Thonon, responsable enseignement primaire, UT CFE-CGC

 
Rentrée bis coronavirus aux Loyauté, Ouvéa, 27 avril 2020
La rentrée bis à Ouvéa, lundi 27 avril. ©Robert Ismaël / Mairie d'ouvéa
 

Quid du matériel sanitaire ?

Se laver les mains régulièrement, tousser dans son coude… Les gestes barrières semblent bien suivis. Mais combien de temps les gels, les savons ou les essuie-tout vont-ils être fournis ? Une chose est sûre, selon le syndicat : sans l’aide des collectivités, le budget des établissements ne suffira pas à assumer ce surcoût très longtemps. 
 

On attend maintenant que les institutions jouent le jeu parce qu'il va falloir continuer à fournir dans les écoles tout le matériel et on sait que c'est une partie financière un petit peu importante. 
- Christophe Dabin, secrétaire général, UT CFE-CGC

 
Confinement, distribution du travail scolaire à l'île des Pins, avril 2020
Distribution du travail scolaire à l'île des Pins. ©Julien Douepere

Le reportage radio de Coralie Cochin :

Après le confinement, le point de l'UT CFE-CGC


Le reportage télé de Dave Waheo-Hnasson et Cédric Michaut :
©nouvellecaledonie
 

Enquête

A noter que pour collecter le ressenti des enseignants avant la rentrée, l’organisation syndicale a réalisé une enquête auprès d'eux. Elle a reçu plus de 2 600 réponses, pour le primaire et le secondaire, dans le public et le privé, à travers tout le pays. «Dans l'actuelle mise en place de la continuité pédagogique, quelles difficultés rencontrez-vous?», leur a-t-il été demandé à cette occasion. Près de la moitié (44%) ont évoqué la fracture numérique.