Le nickel redescend sur terre, le LME est intervenu…

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Matthew Chamberlain Président (CEO) de la Bourse des Métaux de Londres
"La Nouvelle-Calédonie est indispensable à la transition énergétique" (Matthew Chamberlain, Président du LME) ©Alain Jeannin
L’Indonésie a annoncé la livraison de 100.000 tonnes supplémentaires de nickel au second semestre, un chiffre qui reste à confirmer car il vise d'abord à calmer la spéculation haussière. Le nickel a retrouvé un cours "plus normal", celui d’avant sa folle mascarade à 100.000 dollars la tonne. Elle n'aura duré que dix huit minutes avant d'être finalement annulée par les autorités de régulation du LME.

A la Bourse des métaux de Londres (LME), la folle envolée spéculative du 8 mars est oubliée, en cette fin de semaine, "le LME montre une nouvelle accélération de la baisse des prix du nickel", a indiqué l'analyste Alastair Munro, les limites quotidiennes de hausse ou de baisse des cours ayant été fixées désormais à 12%.

Retour à la normale ?

En fait, le nickel se rapproche, vendredi 18 mars, de son prix d’avant l’envolée la plus folle de son histoire : le 7 mars il affichait en effet 30.000 dollars. Ce vendredi soir : 34.500 dollars la tonne à Shanghai, et un peu plus à Londres.

La guerre en Ukraine, les menaces pesant sur un grand producteur russe et la spéculation massive d’un négociant chinois ont affecté les coins les plus profonds du marché mondialisé du nickel.

"Le "fiasco" des 1000.000 dollars la tonne en est l’illustration", a estimé Warren Patterson, stratégiste en matières premières de la banque ING.

Pénurie ?

Durant quelques jours, l’arrêt des échanges et du commerce du nickel à Londres a permis de mettre un terme à une spéculation devenue folle et à favoriser un atterrissage en douceur : "Il n’y a pas de pénurie (…) on se fait avoir, car, sur le nickel, par exemple, il y a des stocks", a expliqué au Monde Nacim Bardi, représentant CGT de l’usine Saint-Saulve (Nord), un fabricant d’acier inoxydable qui appartient au groupe allemand Saarstahl (acier de la Sarre).

Il n'empêche que les stocks mondiaux sont historiquement bas et que l'alliage pour l'acier inoxydable n'est pas le produit utilisé pour les batteries électriques qui est plus rare.

Au LME, le nickel a amorcé un mouvement de repli sur les prix pratiqués à la Bourse des métaux de Shanghai (SHFE) : environ 34.500 dollars la tonne de métal.

Mais ce prix serait encore trop élevé pour les industriels de l’inox et des batteries électriques. Sur les 12.000 lots mis en vente hier au cours de la séance boursière asiatique, "peu d’acheteurs en vue", poursuit Zénon Ho analyste du négociant britannique.

La tendance est baissière au SHFE pour la sixième journée consécutive mais les cours du nickel restent en hausse de plus de 70% depuis le début de l'année.

A ce niveau de prix, la production calédonienne est largement profitable, pour peu que l'embellie persiste.

LME Nickel (provisoire) le 18/03/2022 36.914 dollars la tonne

SHFE Nickel (provisoire) le 18/03/2022 34.500 dollars la tonne