Port : des métiers à risques

sécurité
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©PANC- V.K.
Les activités portuaires enregistrent trois fois plus d’accidents du travail que la moyenne du pays. Pour limiter ces risques professionnels, une matinée de prévention a été organisée la semaine dernière pour les entreprises qui interviennent dans les ports publics et privés. 
Le quai du port autonome a été mécanisé, modernisé et les infrastructures ont énormément évolué. Pour autant, les accidents sont encore trop nombreux dans le secteur portuaire. « L’indice de fréquence est trois fois supérieur à la moyenne du pays », relève le chef du service prévention des risques professionnels à la Direction du travail et de l’emploi.

107 travailleurs sur 1 000 vont avoir un accident. C’est un secteur largement plus accidentogène que le BTP

Philippe Di Maggio

Pour ce représentant de la DTE, une matinée à destination des métiers portuaires s’imposait pour améliorer la sécurité. Elle a eu lieu la semaine dernière.
A écouter, l’interview de Philippe Di Maggio 

ITW Philippe Di Maggio


Les atouts de la technologie

« Sur le port, on est exposé aux dangers », reconnaît Flavien Uzenat, responsable santé, hygiène, sécurité pour le Groupe Nouméa Port. Ici, « on ne parle pas d’accidents, ni d’incidents mais de catastrophes », précise Flavien Uzenat. « Notre posture, c’est de dire : on ne se confronte pas au danger, on l’évite systématiquement. Donc il y a un travail d’analyse sur le chargement et le déchargement des navires. On met en place des façons de faire pour ne pas exposer notre personnel. Grâce aux technologies, notre personnel est moins au contact de la marchandise, donc fatalement moins au contact du danger. »
port autonome
©NC 1ère
 

Former le personnel à la sécurité

Les chefs d’entreprises ont une obligation de résultats vis-à-vis de leurs salariés. Jean François Bouillaguet, le directeur général du transporteur routier Unitrans, l’a bien compris. Cette matinée de prévention permet de « rafraichir la mémoire, mettre à jour nos connaissances », estime-t-il. « Plus de 50, voire 60 % de notre bien, c’est notre personnel. Donc si vous n’avez pas du personnel formé, vous ne faîtes pas du bon travail. »
L’objectif est d’améliorer les conditions de travail sur la zone portuaire. Jean Yves Menny est ergonome, consultant et formateur sur la sécurité au travail. Il intervient pour aider les employeurs à appliquer une activité sécuritaire. « Il faut permettre aux salariés de connaître les règles de sécurité dans l’entreprise, donc l’employeur doit les écrire, les évaluer, rappelle le spécialiste. Il doit informer ses salariés, voire les former, de manière à ce que le travail ne soit pas quelque chose de découvert mais de connu et qui permettent aux salariés de rentrer en bon état chez soi le soir. »
Sur les 700 salariés que comptent les métiers du port, tels que la manutention, le roulage des charges, l’aconage, le chalandage,  
on compte près de 200 accidents du travail entre 2017 et 2019, soit 9 000 jours d’arrêt.
 
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