Coutume de pardon après l’incendie de la grande case du Sénat coutumier

incendies nouméa
Geste pardon Sénat
©Cédric Michaut
Le jeune incendiaire, accompagné de son clan, sa chefferie et de l’aire Hoot Ma Whaap, a déposé un geste de pardon, ce mercredi, au Sénat coutumier, à Nouville. Il avait reconnu avoir mis feu à cette construction emblématique, la nuit du 8 août. Des sanctions coutumières ont été prononcées.
Le geste a été fait selon les règles édictées par la coutume. Ce mercredi matin, dans une ambiance très solennelle, un geste de pardon a été présenté au Sénat coutumier et à l'aire Drubea Kapume, par l’auteur de l’incendie qui a ravagé la grande case située à l’entrée de l’institution.
Originaire de Paimboa, à Ouégoa, le jeune homme était entouré de son clan, sa chefferie et de l’aire Hoot Ma Whaap « qui représente quand même quatorze chefferies », pointe Hippolyte Sinewami-Htamumu. Pour le président du Sénat coutumier, « la coutume de pardon, c’est ce qui va permettre au jeune de se reconstruire. On est obligé de passer par (là) pour pouvoir avancer. Ce qui est important, c’est la reconnaissance de l’erreur, de la faute commise, la remise en cause de la personne… Cette humilité qui vient s’adresser ici au Sénat coutumier. »
Hippolyte Sinewami-Htamumu

Des sanctions coutumières

Remise en cause personnelle donc, et reconstruction de la case. Le président du Sénat coutumier a confirmé qu’il y aurait bien une sanction coutumière, en plus de la peine de 18 mois de prison avec sursis, prononcée par la justice. « L’étape première, c’est que le jeune doit circuler dans les huit aires, pour lancer la paille, en vue de la reconstruction de la case », a précisé Hippolyte Sinewami-Htamumu.

Rappeler le rôle des coutumiers

Pour le président du Sénat coutumier, il ne s’agit pas seulement d’une reconstruction familiale clanique, mais aussi de la reconstruction au niveau même du pays. Un « combat », selon Hippolyte Sinewami-Htamumu, « pour permettre à l’identité kanak de perdurer au-delà du temps ». « C’est ça aussi, le message, au niveau de la sanction. C’est de porter la parole coutumière auprès des jeunes et faire passer le message de la fonction du sénat coutumier dans les institutions. »
 

« Sur un coup de tête »

Peu de temps après l’incendie de la grande case, survenu samedi 8 août vers 22 h, l’auteur avait reconnu avoir agi « sur un coup de tête », à la suite de « plusieurs contrariétés ». A l’audience du tribunal correctionnel, le 11 août, le prévenu, au casier judiciaire vierge, avait indiqué avoir eu une dispute avec sa compagne, un peu plus tôt dans la soirée, suivie d’une importante consommation d’alcool mais aussi une colère latente contre le Sénat coutumier. 
Résidant au squat de Nouville avec sa famille, l’homme de 29 ans reprochait à l’institution de ne pas avoir soutenu le raccordement du squat au réseau électrique. Il avait demandé également à la ville d'organiser la collecte des ordures ménagères. Le Sénat coutumier s’était constitué partie civile en la personne d’Hippolyte Sinewami-Htamumu, mais sans avocat pour le représenter. 
Incendiaire grande case Sénat
Le jeune incendiaire, entouré des coutumiers de l'aire Hoot Ma Whaap. ©Cédric Michaut
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