Un naturopathe calédonien poursuivi après la mort d'un patient en Métropole

justice
Tribunal de Paris
L'entrée du tribunal, porte de Clichy à Paris. ©Mathieu Menard / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Un naturopathe, né à Nouméa, est poursuivi pour exercice illégal de la médecine, après la mort d’un de ses patients malade du cancer en Île de France. Il recommandait des purges à la place de la chimio. Le procureur a requis un an de prison ferme.

Deux ans de prison dont un ferme ont été requis vendredi à Paris contre un naturopathe originaire de Nouméa pour exercice illégal de la médecine et usurpation de la qualité de médecin, après le décès de deux personnes atteintes d'un cancer qui avaient suivi ses recommandations.

 

Pratiques dangereuses

Les deux malades se sont vus « privés, en choisissant les pratiques de Miguel B. plutôt que la médecine conventionnelle, d'une chance de survie », a déclaré la procureure, dénonçant des « pratiques extrêmement dangereuses ».



« Il ne s'est jamais remis en question », a tancé la magistrate, demandant à ce que la partie ferme soit purgée sous bracelet électronique et qu'une interdiction définitive de pratique soit prononcée.

L'affaire jugée devant le tribunal correctionnel de Paris avait débuté avec la plainte en février 2019 de la compagne d'un homme qui avait succombé deux mois plus tôt à un cancer des testicules qui s'était généralisé.

Diagnostiqué en 2016, le patient n'avait pas été consulter un chirurgien mais préféré suivre un « plan de santé » élaboré par le naturopathe, à base de jeûnes et de cures, de crudivorisme et plantes et huiles essentielles.

« Il a fait croire à mon compagnon qu'en suivant ce protocole, il n'allait pas avoir besoin de chirurgie, alors que ne serait-ce qu'une ablation l'aurait sauvé » a déclaré la compagne du défunt, en décrivant avec émotion « l’emprise » du naturopathe.



Au malade qui lui parlait de sa fatigue et douleurs croissantes, le naturopathe a répondu qu'il devait « se mettre à la diète », « purger le soir », « boire des infusions ».



La famille d'une kinésithérapeute belge, décédée d'un cancer de l'utérus à 39 ans et qui avait elle aussi consulté le prévenu, s'est jointe au dossier.

Sur Internet, le nom du prévenu est associé au titre de « docteur en médecine moléculaire », spécialisé dans le cancer du cerveau.



A l'audience, Miguel B. a affirmé avoir fait « 14 ans d’étude », notamment un doctorat et un post-doctorat aux Etats-Unis. Il a aussi assuré ne s'être jamais présenté comme « médecin » et n'avoir pas promis de « guérir » mais « d'aider le corps à se nettoyer ». « La naturopathie telle que je la pratique, on ne s'occupe pas des maladies », a-t-il déclaré.