La sécheresse et les disettes provoquées depuis plusieurs mois dans le Pacifique par le phénomène climatique El Niño ont commencé à exacerber les tensions locales, notamment en Papouasie-Nouvelle-Guinée, rapporte le quotidien Post Courier.
Pierre Emmanuel GAROT d'après PAD, Flash d'Oceanie •
Dans la région des Hauts-Plateaux de l’Ouest, les populations, habitant des villages dont les récoltes ont été quasi-totalement détruites par la sécheresse, ont préféré s’emparer de la nourriture stockée dans les locaux de la province, avant que les autorités aient commencé à distribuer les vivres.
Bilan de cette mise à sac : un butin de 2.700 sacs de riz de 20 kilogrammes, 1.600 cartons de conserves de poisson, 300 cartons d’huile de cuisine et 70 sacs de farine.
La police et l’armée, sur place, n’a pu empêcher cette mise à sac en règle : après avoir tiré quelques coups de semonce en l’air pour tenter de disperser la foule, soldats et policiers ont préféré renoncer à intervenir face à une meute estimée à une trentaine de personnes.
Une personne aurait été légèrement blessée.
Ces réserves avaient été livrées depuis la capitale et stockées dans les locaux du district de Tambul-Nebilyer, rapporte la presse locale.
En début de semaine, le fonds mondial des Nations-Unies pour l’Enfance (UNICEF), lançait un appel à une solidarité à l’échelle régionale, évoquant la situation qui touche non seulement le Pacifique, mais aussi certaines régions de l’Asie du Sud-est (comme l’Indonésie ou les Philippines).
Rappelant la destruction des cultures vivrières, des animaux et la raréfaction des sources d’eau potable, l’organisme onusien estimait que pas moins de 62 millions de dollars US étaient nécessaires pour venir en aide efficacement aux enfants dans les zones touchées.
En Océanie, les pays les plus touchés depuis le début de cet épisode particulièrement sévère d’El Niño sont la Papouasie-Nouvelle-Guinée, mais aussi plusieurs autres États de la région comme Fidji, Tonga, Samoa, Vanuatu et Palau.
Dans ces pays, les autorités ont depuis plusieurs semaines lancé des alertes à la population concernant cette sécheresse provoquée par El Niño.
« El Niño est en ce moment à son pic et nous nous attendons à ce que les impacts viennent après », estime Krishna Krishnamurthy, expert des risques climatiques au PAM (Programme alimentaire mondial de l’ONU).