Intense activité sismique dans le Pacifique

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©http://earthquake.usgs.gov
L’activité sismique est particulièrement intense dans le bassin Pacifique, avec, après une première secousse sous-marine de magnitude 7,5 en Papouasie-Nouvelle-Guinée, un autre séisme enregistré à 6,8 au large des îles Samoa, rapporte l’institut géophysique américain USGS, basé à Denver (Colorado).
Le séisme de Samoa s’est produit à 8h18 GMT aujourd’hui, à une profondeur estimée à dix kilomètres en-dessous du niveau de la mer, selon les mêmes sources. L’épicentre a été localisé à 155 kilomètres au Sud-sud-ouest de la capitale samoane Apia, à l’Ouest des îles françaises de Wallis-et-Futuna et au Nord du royaume de Tonga. Aucun dégât ni blessé n’a été immédiatement signalé.
Dans un bulletin unique consacré à cet événement, le centre d’alerte aux tsunamis pour le Pacifique (Pacific Tsunami Warning Centre, PTWC, basé à Pearl Harbour, Hawaii) estime qu’il « n’existe pas de danger de tsunami » car ce séisme « n’était pas suffisant » pour en générer un.
À Samoa, un puissant séisme, le 30 septembre 2009, avait généré un tsunami qui avait coûté la vie de plus de 185 personnes, à Samoa, aux Samoa américaines voisines et au Nord du royaume de Tonga. Ce tsunami avait été généré par un puissant séisme sous-marin d’une magnitude de 8,3 sur l’échelle ouverte de Richter, au Sud de Samoa.
Quelques heures plus tôt, lundi, une brève alerte au tsunami avait été lancée dans le Pacifique Sud-ouest, à la suite d’un séisme plus puissant encore, de magnitude 7,5 qui s’est produit tout près de l’île papoue de Nouvelle-Irlande.
Dans sa série de bulletins, le PTWC a précisé que ce séisme sous-marin avait eu lieu le 29 mars 2015 à 23h49 GMT à une trentaine de kilomètres de profondeur, sur l’île de Nouvelle-Irlande, où se trouvent aussi les volcans jumeaux Tavurvur et Vulcain. Ces deux volcans flanquent la ville de Rabaul.
Le PTWC a estimé qu’à la suite de cet événement sismique, des vagues pouvant atteindre les trois mètres de hauteur pourraient se produire le long des côtes de l’île principale de Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Toutefois, tout risque de tsunami destructeur et d’ampleur régionale avait rapidement été écarté et les pays du bassin Pacifique n’ont constaté au cours des heures suivantes, que des élévations du niveau de la mer de l’ordre d’une dizaine de centimètres.
Selon les premiers comptes-rendus, une vague de trente centimètres de hauteur a été observée dans la baie de Rabaul, toute proche de l’épicentre.
Aucun dégât ni blessé n’a été immédiatement signalé, selon le bureau papou de gestion des catastrophes naturelles.

« Sur la base de toutes les données disponibles, (…) la menace de tsunami concernant ce séisme est maintenant largement passée. Toute menace résiduelle doit être évaluée par les autorités locales, dans les zones potentiellement impactées », a noté lundi le PTWC dans sa dernière note à 2h30 GMT lundi. Quant au séisme à l’origine de cette alerte, il a été fortement ressenti à Rabaul, où de nombreuses personnes se sont précipitées en dehors des bâtiments.
« C’est la plus grande secousse que j’ai jamais vécue. J’étais terrorisé. Tous les meubles de ma chambre ont commencé à trembler. Ça a duré environ trente secondes, interminables », a raconté Ephata Samuel, directeur des sports de la chaîne nationale publique NBC, qui se trouvait à Kokopo, non loin de l’épicentre, au moment du séisme.
Le 17 avril 2013, un puissant séisme de magnitude 6,8 sur l’échelle ouverte de Richter s’était produit au Nord de l’île de Nouvelle-Guinée, à une profondeur de 8 kilomètres en-dessous du niveau de la mer, à 19 kilomètres à l’Est-sud-est du village d’Aitape, frappé par un énorme tsunami en juillet 1998, qui avait fait plus de deux mille victimes.
Ce séisme n’avait fait ni dégât majeur, ni blessé, mais il avait été très fortement ressenti dans toute la région pendant plusieurs minutes.
Il avait provoqué des mouvements de panique chez les habitants, qui avaient immédiatement cherché à rejoindre des endroits en surplomb.

Dans cette même région, en juillet 1998, un séisme de magnitude 7 avait provoqué un énorme tsunami qui avait fait plus de deux mille victimes dans la région d’Aitape, rayant de la carte tous les villages de cette portion de la côte néo-guinéenne. Le mont Tavurvur pourrait se réveiller dans les prochains mois
Le 24 mars 2015, les scientifiques de l’observatoire de Rabaul mettaient en garde la population concernant une forte probabilité de réveil éruptif du Mont Tavurvur « entre juin et août » prochains.
Les experts, dans leur dernier bulletin, ont d’ores et déjà jugé utile de lancer un appel à la vigilance pour la population, concernant cette période, rapporte la radio nationale NBC.
Ils se basent notamment sur la surveillance de l’activité sismique aux abords de ces deux volcans qui, lors d’un réveil simultané en 1994, avaient enseveli la ville, forçant plusieurs de ses quartiers à être relocalisés dans les environs. Le dernier réveil significatif du Tavurvur remonte à août 2014. Il était entré dans une phase éruptive de type strombolien.
Cette activité se caractérise typiquement par la projection d’un épais panache de fumée noire et de lave en fusion qui, au contact de l’atmosphère, retombe solidifiée. La ville avait alors une nouvelle fois été recouverte d’une couche de poussière volcanique acide qui avait causé des dégâts aux cultures vivrières des environs.
Par mesure de précaution, plusieurs communautés placées le plus directement sous le vent avaient aussi dû être évacuées et la plupart des activités de la ville (services publics, écoles, sports) avaient dû être interrompues jusqu’à nouvel ordre.
D’autres épisodes intenses avaient eu lieu en 2010 et en 2013.
La plupart des îles de la Mélanésie, ainsi que toutes les régions du Pacifique concernées régulièrement par cette forte activité volcanique et sismique, constituent ce qu’il est convenu d’appeler la « ceinture de feu du Pacifique », zone à très forte sismicité et à haute concentration de volcans actifs, qui englobe aussi bien les îles de la Mélanésie (Papouasie-Nouvelle-Guinée, îles Salomon, Vanuatu) que celles, plus au Nord, de la Micronésie (Marianne du Nord, Guam), au Sud, une zone polynésienne incluant la Nouvelle-Zélande et Tonga et plus à l’Est, la région d’Hawaii en formant une sorte de fer à cheval inversé.

Source : http://newspad-pacific.info/
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