Grève des pompiers d'aérodrome : vols perturbés, passagers inquiets et énervés

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Deux mots qui perturbent les passagers des vols domestiques. ©Polynésie la 1ère
Dans les services des affaires économiques, au contrôle des dépenses, à la direction du budget, aux moyens généraux ou encore au parcs et jardins... la grève est donc levée. Seuls les pompiers de l'Aviation civile n'ont pas signé. Près de 70 pompiers d'aérodrome sont en grève depuis ce matin et des destinations sont perturbées.

Marquises-Australes-îles Sous-le-Vent ou Tuamotu, tous les archipels sont touchés. Conséquence : des vols reportés voire annulés. Pas de chance pour Claudine, une habitante de Maupiti. "On nous a confirmé cet après-midi le vol prévu à 13h35, mais là on vient vérifier si on a vraiment le vol, comme on est venus en évasan...c'est difficile pour nous", dit-elle.

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L'inquiétude de Claudine, venue de Maupiti pour une évasan à Tahiti. ©Polynésie la 1ère

Les passagers se pressent aux guichets de la compagnie domestique. A chacun sa solution pour arriver à destination, comme Georges, résident de Ahe, poussé à prendre un vol pour Manihi. "Je suis obligé de descendre à Manihi, prendre un bateau, et acheter un fût d'essence. C'est bien de faire la grève, surtout qu'ils ne sont pas si malheureux que ça, à mon avis, il y en a qui le sont beaucoup plus. Mais nous dans cette histoire, on perd beaucoup de temps et d'argent", constate-il amèrement.

Georges habite à Ahe mais doit faire un détour par Manihi pour arriver sur son île. Du temps et de l'argent perdus, dit-il. ©Polynésie la 1ère

 "Pour les passagers, on leur fournit une attestation d'annulation de vol. Certains verront avec leur assurance et les possibilités de dédommagement ou pas", explique Naïkée Moasen, cheffe d'escale Air Tahiti.

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Obligés d'aller à l'agence de la compagnie aérienne locale pour avoir des renseignements sur les vols. ©Polynésie la 1ère

A l’origine du désordre, des pompiers aéroportuaires, affiliés à la FRAAP, qui réclament le respect du protocole de 2017 stipulant une hausse de la prime de 10%, mais hier, les choses avaient changé. "C'est une augmentation de 10% qu'on avait demandée. Hier on s'est présenté pour 20%. Pourquoi 20% ? Il faut que le vice-président [du Pays] explique la raison : parce que dans les 20%, il y a une retenue de 10% du Pays...ils nous retiennent 10% sur 20%. Si on demande 10%, ils nous retirent 10%, on n'a rien, ça sert à rien", se justifie Gérard Barff, secrétaire général SPADAC, affilié à la FRAAP.

De la "décence"

Côté Présidence, on invoque la décence, alors que les primes ont été rétablies en 2017 pour ces fonctionnaires. "Ils ont demandé en 2017 à ce que la baisse de 10% sur les primes, les ISS, soient revues et nous avons accepté à cette époque-là. C'est-à-dire que partout dans l'administration, il y a une baisse de 10% des ISS, par contre pour les pompiers nous sommes revenus à une situation antérieure de la délibération prise à l'Assemblée. Au bout d'un moment, il y a un problème de décence, c'est un peu ça que j'essaie de communiquer à nos amis pompiers", rétorque Jean-Christophe Bouissou, vice-président du Pays.

En attendant une nouvelle rencontre, le mouvement se poursuit dans la quarantaine d'aérodromes gérés par le Pays.