ONU : Fritch et Brotherson plaident chacun leur cause devant la 4e commission

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ONU 4e commission
©Présidence Pays
Grosse activité diplomatique aujourd’hui à l'ONU où l'avenir institutionnel de la Polynésie une nouvelle fois était en discussion. La 4e commission en charge des questions de décolonisation, a entamé, lundi, ses travaux. Édouard Fritch s’est exprimé ce matin, Moetai Brotherson aussi.

"Pour le chef de l’exécutif polynésien, il s’agissait de donner un autre éclairage sur la situation réelle de la Polynésie française que celui véhiculé par les indépendantistes", voici résumé en quelques mots le communiqué officiel du gouvernement après le discours d'Edouard Fritch devant la 4e commission.

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Edouard Fritch. ©Présidence Pays

 

"C'est intéressant que l'ONU sache comment les choses se déroulent en Polynésie française, comment nous vivons, comment nous réalisons nos besoins et surtout nos projets d'avenir", a ensuite précisé le président du Pays, qui a expliqué "la large autonomie polynésienne aux représentants des divers Etats qui siègent à l’ONU et qui ne connaissent pas la Polynésie française".

Envoyer une mission

 

Edouard Fritch a "à nouveau invité la 4e commission à nous envoyer une mission à Papeete pour se rendre compte de visu, discuter avec les gens". Ensuite, "c'est à eux de nous donner leur avis et leur position". Mais il reste persuadé que la décision ultime "c'est quand même celle de notre population", à elle de prendre la décision "par voie démocratique si oui ou non nous sommes prêts à partir sur l'indépendance".

Ecoutez Edouard Fritch :

Edouard Fritch

 

Des représentants du Tavini Huiraatira sont également présents à l'ONU. Moetai BROTHERSON, le député, et Chantal GALENON, représentante à l’Assemblée de Polynésie, comptent sur cette 4e commission pour démarrer le réel processus des Nations unies.

Le député a noté également que le président du Pays n’a pas demandé cette fois-ci le retrait de la Polynésie sur la liste des pays à décoloniser.

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Le député Moetai Brotherson. ©Moetai Brotherson

 

"Cette désincription ne peut s'opérer qu'au terme d'un vrai processus de décolonisation et d'autodétermination avec en bout de chaîne, un référendum ou plusieurs comme ce qu'il se fait en Nouvelle-Calédonie", a expliqué Moetai Brotherson à l'issue de son allocution.

"Déterminés"

 

Le député a insisté sur le fait que "nous sommes des gens déterminés, malgré la posture de déni de l'Etat français depuis 2013 [année de la résinscription], ils font comme si nous n'étions pas réinscrits. Les choses avancent, il y a eu 8 résolutions de l'ONU depuis 2013...et elles commencent à donner vie à un corpus de textes relativement important pouvant constituer une base de travail".

Ecoutez Moetai Brotherson :

Moetai Brotherson

 

8 ans après la réinscription de la Polynésie sur la liste onusienne des pays à décoloniser, à quoi sert ce rendez-vous annuel de la 4e commission? Faut-il y voir une avancée ou un recul institutionnel selon le camp dans lequel on se positionne : chez les autonomistes ou les indépendantistes ?

"Un rituel"

 

Pour le politologue Sémir Al Wardi, "ça devient un rituel...et puis chaque partie fait son discours. Le Tavini va demander qu'on aille un peu plus loin et qu'on mette en place un programme de travail comme avait demandé Moetai Brotherson l'an dernier. Fritch va expliquer que les Polynésiens sont en majorité autonomistes et finalement la Polynésie entre dans les clous puisque nous sommes dans le forum des îles du Pacifique, donc sommes en self government et donc nous répondons aux exigences de l'ONU".

Semir Al Wardi

 

Semir Al Wardi
©Polynésie la 1ère