Quatre ans de prison requis contre le roi Pakumotu

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Roi Pakumotu
©polynésie 1ère Eric Tang
Jeudi 27 octobre, le roi Pakumotu et cinq autres prévenus étaient jugés pour rébellion avec armes à feu envers des policiers en 2014. Quatre ans de prison avec mandat de dépôt et une interdiction de détention d’arme pendant cinq ans ont été requis contre le roi Pakumotu, Athanase Teiri.
Trois des six prévenus étaient présents lors de cette audience. Le "roi" de Pakumotu n'a pu se déplacer pour des raisons de santé. Toute la matinée, ce sont d’abord les policiers qui ont témoigné via leur déposition. Ils sont 19 au total à s’être constitués victimes dans ce dossier.

pakumotu
©Polynésie 1ère

Mis en joue lors de l'arrestation musclée d'Athanase Teiri et de ses gardes du corps, ces derniers ont été très choqués par cet incident. Certains ont eu plusieurs jours d'ITT, d’autres ont du être suivis ou ont connu des périodes d’insomnie. Quelques policiers ont d’ailleurs reçu la médaille de la sécurité intérieure. « Ce jour-là, on est allés sur une intervention à risques, on ne savait pas si le soir on allait revenir à la maison. L’expérience a été difficile », témoigne John Taerea Pani, policier.

policier roi pakumotu

 

Pour James Lau, avocat des policiers, il faut éviter ce genre dérapage et il ne faut surtout pas les banaliser. "Les policiers sont aussi des victimes dans ce dossier".

james lau pakumotu


Le conseil du "roi" Pakumotu, Jean-Dominique des Arcis, lui, défend son client et estime qu'il ne devrait pas être accusé ni condamné pour un délit qu'il n'a pas commis puisque ce n'est pas lui qui a pointé les armes devant les policiers.

avocat atanaze


A la fin de l'audience, le procureur a requis quatre ans de prison , un mandat de dépôt et une interdiction de détention d’arme pendant cinq ans contre le roi autoproclamé des Pakumotu, Athanase Teiri ainsi que ses deux gardes du corps., ceux qui ont utilisé les armes. Pour les trois "ministres" Pakumotu, trois ans de prison assortis d’un sursis ont été requis. Le délibéré est attendu pour le 31 janvier. 


Des hommes armés


Rappel des faits. Le 29 janvier 2014, les forces de l'ordre interviennent chez Athanase Teiri suite à la mise en circulation de monnaies n’ayant pas cours.

Sur place, les forces de l'ordre sont acceuillies par une carabine et un pistolet, à la grande surprise des autorités. Si ce jour-là, un seul coup de feu est tiré en l'air, avant que la carabine ne s’enraille, d'autre armes sont decouvertes dans les vehicules dont un coup de poing américain.
 
Sur place, les enquêteurs doivent faire face aux Punu, père et fils, qui sont armés et mettent en joue les policiers. C’est le fils qui tire le premier en l’air. La réponse des autorités est directe : un coup de flashball. Les juges tentent de savoir comment et par qui ils se sont procurés ces armes et surtout comment ils comptaient les utiliser.

Déjà condamné


Le roi a déjà été condamné en 2014. Arrêté en décembre 2013,  Athanase Teiri, alias Taginuihoe le roi Pakumotu, est jugé en janvier 2014 pour fabrication et mis en circulation de signes monétaires non autorisés, puis placé en détention. En septembre de la même année, le juge des libertés décide de le remettre en liberté sous contrôle judiciaire sous conditions.  En attendant son procès en octobre 2016, il a interdiction de se rendre sur le site du Pakumotu et de rencontrer les membres de son groupe. Ces conditions ne seront pas respectées puisqu’il sera de nouveau arrêté en juillet 2016 après avoir été surpris en compagnie de membres de son groupe.

Si le parquet de Papeete demande sa remise en détention, le juge des libertés et de la détention décide de ne pas renvoyer Anthase Teiri à Nuutania. Son contrôle judiciaire sera maintenu jusqu'à son procès en octobre.