Tautira : des riverains encore sur place et des actions en cours

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Tautira : manifestants contre le dynamitage de rochers
©Polynésie la 1ère
Le juge des référés a ordonné l’expulsion des riverains qui manifestent contre le dynamitage de la falaise de Tautira. Une partie d’entre eux étaient encore sur le site. Bien conscients qu’ils devront en partir, ils ne comptent pas pour autant lâcher leur patrimoine : d’autres actions sont en cours

"Nous avons décidé de rester sur le site. Tant que nous n’avons pas de notifications, nous pouvons rester sur le site. On a appris que nous serons amendés de 300 000 fcfp par jour mais pour le moment nous avons encore le droit de rester sur le site". Comme Toheira Teeeva, habitante de Tautira, ils étaient une poignée de riverains à être encore au pied de Tahuareva, ce mercredi matin.

L’huissier de justice n’ayant pas encore signifié leur expulsion, une expulsion décidée par le juge des référés lundi, ils ont le droit d’être encore là. Pas question donc pour l’heure d’abandonner leur montagne. "Quand tu viens à Tautira, c’est Tahuareva qui t’accueille. Tu rentres à Tautira et Tahuareva est là (...) Nous défendons notre montagne. Nous sommes là depuis le début, nous serons là encore jusqu’au jour où on décidera de nous dégager, là nous chercherons d’autres solutions", confie cette riveraine. 

Les manifestants partiront mais d’autres actions sont en cours : une pétition contre le dynamitage tourne et a recueilli pour l’instant 1 327 signatures. "Il y a déjà la relève qui est en train de se préparer car on ne peut pas laisser faire un dynamitage (...) Peut-être qu'ils vont juste décocher, si c'est le cas, ça sera génial mais pas dynamiter. Dynamiter avec les trous qu’on a trouvés sur le flanc montagne et qui sont des mini lava tubes, donc très profonds, on pense que ça va déstabiliser toute la montagne", affirme Laiza Pautehea, membre du collectif Protection pour la montagne Tahuareva. 

Cette montagne regorge de trésors selon certains de ses habitants. Un dossier est d'ailleurs en préparation pour être déposé au ministère de la Culture d’ici la fin de semaine. "On va essayer de demander le classement de cette montagne qui, en plus, est déjà classée car on vient de trouver qu’il y a un fort espagnol sur cette montagne. Une ancienne chercheuse a fait sa thèse dessus donc on a les documents qui le prouvent", souligne Laiza Pautehea. Si la justice a décidé l’expulsion des manifestants, l’affaire est encore loin d’être terminée…