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La Polynésie, 21% d’illettrés ?

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21% des jeunes Polynésiens échouent au test d'illettrisme de la Journée Défense et Citoyenneté
©Pixabay
Face aux chiffres inquiétants de l’illettrisme en Polynésie, 21% contre 7% en métropole, la DGEE s’est rendue ce lundi au collège de Rangiroa pour voir les élèves de 3ème passer le test de référence, celui de la Journée Défense et Citoyenneté, et constater de visu leurs difficultés.
 
Quelle est vraiment l'étendue de l'illettrisme en Polynésie? Les jeunes Polynésiens échouent trois fois plus que les résidents de métropole au test national passé lors de la Journée Défense et Citoyenneté (JDC). Les résultats montrent que 21% ne savent ni lire, ni écrire, contre 7% dans l'Hexagone. Le contraste est saisissant.

"Les jeunes en Polynésie peuvent être stressés lorsqu’ils rencontrent pour la première fois des militaires lors de la JDC" avance comme début d’explication le lieutenant-colonel Szmytka, directrice du Centre du Service National d'Arue.

Des élèves "désorientés" par le test

Le test se fait devant un ordinateur, ce qui pourrait également expliquer les difficultés que peuvent rencontrer certains de ces jeunes Polynésiens. "Lorsqu’on leur passe les épreuves, ils sont un peu surpris et un peu désorientés", ajoute le lieutenant-colonel Szmytka.
 
Pour mieux comprendre d’où vient le problème, la DGEE a souhaité organiser ce même test, mais dans le milieu scolaire. Elle était donc présente ce lundi au collège de Rangiroa pour observer la centaine d’élèves de 3ème, issus de 14 atolls des Tuamotu, passer ce test habituellement réservé à la JDC.

"L’idée c’était de prendre une cohorte de cent élèves et de voir ce que le test peut donner dans le système éducatif. On n’avait jamais jusqu’ici eu l’occasion de voir comment ils réagissent", explique le délégué du polynôme académique, Christian Morhain.

Nets progrès en une décennie

Les chiffres montrent tout de même une nette baisse de l'illettrisme en Polynésie au cours de la dernière décennie, puisque ce chiffre était de 45% en 2011. Des progrès que Christian Morhain attribue à la hausse du niveau de qualification du corps enseignant, plus compétent et mieux formé. "Auparavant un tiers du corps enseignant du premier degré n'avait que le certificat d'études. Aujourd'hui, près de 90% des enseignants du premier degré sont titulaires d'un diplôme de professeur des écoles", constate-t-il.

Les résultats du test des élèves de 3ème de Rangiroa seront connus dans la journée, puis analysés par la DGEE.

 
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