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Ile de La Réunion : la préfecture relance la pêche des requins

Le comité réunionnais de lutte contre le risque requin relance la pêche des tigres et des bouledogues en autorisant la pose de drumlines en baie de Saint-Paul. Outre la capture pour étude des spécimens, cette action relance l'action de régulation qu'exerçaient les petits pêcheurs réunionnais. 

© Alain Diringer
© Alain Diringer
  • Par Fabrice Floch
  • Publié le , mis à jour le
Les requins bouledogues et les requins tigres ne sont plus pêchés à La Réunion depuis 1999 et l’arrêté préfectoral interdisant leur commercialisation pour cause de ciguatera.
Ces deux carnassiers grégaires vivent près des côtes dans les eaux tropicales. Ce n’est donc pas une surprise de les croiser en nombre dans l’océan Indien et plus particulièrement dans nos eaux.
Le grand blanc est effrayant de par ses dimensions  (6 mètres, une tonne), mais ces deux espèces, moins grandes (en moyenne 3 à 4 mètres et 500 kilos), sont nettement plus agressives. Elles sont considérées comme les plus dangereuses au monde et seraient responsables de la majorité des attaques d’humains.
 
Les requins maîtres de l'océan
 
Il y a près de quinze ans, les pêcheurs en canot vendaient la chair des tigres et des bouledogues à bas prix. Ils se tournaient vers la capture de ces poissons très lourds et résistants uniquement quand la présence, du ou, des squales les empêchaient de travailler sur un secteur. Ils luttaient parfois pendant plus d’une heure pour « lever » la prise.
Cette réalité n’est plus !
Le sec de Saint-Paul, remontée corallienne située à 2 milles des plages de l’Ouest, a été abandonné aux requins. Garan, point remarquable connu de tous les pêcheurs de l’Ouest de La Réunion n’est plus exploité l’été : « Nou gain pi lev’ un jaune ou une carangue » confie Ti-Fou pêcheur professionnel depuis quarante ans
 
La Réunion préserve les requins
 
Parallèlement, La Réunion a stoppé le finning depuis 2004.
Le finning consiste à capturer des requins pour leur couper les ailerons et la nageoire caudale. Cette pratique barbare était encouragée par la vente à bon prix à des commerçants chinois. Cette pratique a été stoppée par les impôts. Le produit de ces captures n’était pas déclaré. Par ailleurs, les pêcheurs des long-liners avaient quelques scrupules à rejeter dans l’océan des poissons encore vivants, mais voués à une mort certaine.
En clair, aujourd’hui, trois grandes espèces sont vendues sur les étals des poissonniers : le mako, le peau-bleue ou le marteau. Il est, également, possible de trouver du requin zépine ou du griset.
 
Des palangres contre les tigres et les bouledogues

En annonçant la pose de drumline, Jean-Luc Marx, préfet de La Réunion, relance simplement la pêche et donc la régulation des bouledogues et des tigres. Ces deux espèces ont proliféré ces dix dernières années dans les eaux réunionnaises, sans la moindre prédation.
Aujourd’hui, au delà des problèmes économiques réels engendrés par la crise requin, la sécurité des surfeurs et des usagers de la mer demain est en cause. Certes pour l’instant, les nageurs et les plongeurs sont épargnés, mais comme aux USA, en Afrique du Sud et en Australie ils peuvent devenir des cibles.
A La Réunion il y a quelques décennies, les petits pêcheurs éliminaient les requins "la charogne" (en créole) quand ils s'approchaient des côtes. Cette action préventive vient simplement d'être relancée.


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