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La Réunion : le fortin de La Redoute au coeur de l'histoire de La Réunion et de l'île Maurice

patrimoine
Le fortin de La Redoute
©Réunion 1ère
Le fortin de La Redoute vient d’être rénové grâce à des associations, le ministère de la culture et les Faszoi. En 1810, Français et Anglais se sont battus pendant de 24 heures au pied de cette bâtisse, une bataille historique pour l’avenir de La Réunion et de l’île Maurice.
L’histoire de La Réunion est également militaire. Certes, l’île tropicale perdue au milieu de l’océan Indien a été souvent éloignée des centres des principaux conflits, mais en 1810 alors qu’elle s’appelle l’île Bonaparte les Anglais décident d’annexer ce confetti de l’Empire.
Le 7 juillet 1810, 21 navires transportant plus de 6000 militaires se présentent au large de Saint-Denis. Une partie se dirige à l’Ouest, l’autre à l’Est. 3000 dragons débarquent à la Grande-Chaloupe et 3000 à Sainte-Marie. Le colonel Henry-Sheehy Keating, qui commande les opérations, a décidé de prendre la capitale en étau et d’interdire tout renfort de l’Ouest ou du Sud. Son plan fonctionne à merveille. Les 400 soldats français chargés de défendre la préfecture se battent héroïquement, mais sont contraint de se replier dans le fortin de la Redoute. Enfermés dans le bâtiment, les militaires apprennent le lendemain que l’île est désormais Anglaise.
 
L’histoire s’écrit à La Redoute
 
Le 8 juillet 1810 à 17 heures, le colonel Chrysostome Bruneteau de Sainte-Suzanne, chargé de défendre les intérêts français, capitule. L’île Bonaparte est débaptisée pour reprendre son nom monarchique d’isle Bourbon. Le capitaine Robert-Towsend Farquhar est nommé gouverneur, La Réunion redeviendra française le 6 avril 1815. Napoléon est à Sainte-Hélène, l’île de France, objectif des Anglais dans le plan de la conquête de l’Inde, est tombée en Août 1810. L’amiral Bouvet a lutté, mais le combat était perdu avant les premières salves. L’île de France prend définitivement son nom d’île Maurice à partir de cette date.
Les quelques pierres du fortin de la Redoute, comme les pavés du chemin des Anglais entre La Possession et Saint-Denis, témoignent de cette histoire anecdotique dans l’encyclopédie universelle mais, si importante pour La Réunion et l’île Maurice.
 
Reportage de Pierre Gault et Alexandra Pech
Reportage : Pierre Gault - Alexandra Pech

 

Texte de la capitulation
Capitulation pour la reddition de Saint-Denis, capitale de l'île Bonaparte, et de toute la dite colonie, convenue entre le colonel Sainte-Suzanne, commandant de l'île Bonaparte pour sa Majesté l'Empereur des Français, roi d'Italie, etc., etc. d'une part ;
Et le Commodore Rowley, commandant l'escadre de Sa Majesté Britannique et de l'honorable Compagnie, et R.T. Farquhar, esquire, de l'autre part.
Toute l'île Bonaparte sera livrée à Sa Majesté Britannique savoir : la ville de Saint-Denis demain 9 juillet, à midi ; et toutes les autres stations militaires aussitôt que la présente capitulation y sera parvenue.
Demain, à midi, les troupes françaises qui occupent l'arsenal et la batterie impériale évacueront ces postes qui seront occupés pas la compagnie de grenadiers du 86e régiment de cipayes de Madras, aussitôt que le pavillon britannique aura remplacé le pavillon français.
Tous les honneurs de la guerre seront accordés aux troupes de ligne et à la garde nationale. Elles sortiront de la ville avec armes et bagages, tambours battant, mèche allumée, avec l'artillerie de la compagnie, et elles déposeront leurs armes sur le front de la batterie impériale faisant face à la mer. Les troupes de ligne se rendront prisonnières de guerre et seront embarquées comme telles pour le Cap de Bonne Espérance ou pour l'Angleterre.
En considération des qualités distinguées du colonel Sainte-Suzanne et de ses officiers, et de leur brillante défense, les officiers de tout rang conserveront leurs épées et leurs décorations militaires ; ils se rendront aussi prisonniers et seront embarqués pour le Cap ou l'Angleterre. Le colonel Sainte-Suzanne donnera sa parole d'honneur de ne point servir pendant la présente guerre jusqu'à ce qu'il soit régulièrement échangé et lui sera accordé, ainsi qu'à sa famille, un passage pour l'île de France ou pour la France. Les honneurs funèbres seront rendus, selon leurs rangs, aux officiers français qui ont péri dans le combat.

On dressera un inventaire de toutes les propriétés généralement quelconques, appartenant à l'État, qui sera délivré à la personne que le gouvernement anglais nommera à cet effet. Toutes les munitions de guerre, magasins et provisions, chartes, plans et archives sont compris dans cet article.
Les lois, coutumes et religions des habitants ainsi que leurs propriétés particulières de quelque espèce qu'elles soient seront respectées et garanties.

Fait à Saint-Denis, le 8 juillet 1810, à 6 heures.
Texte paraphé par : R.T.Farquhar, H.S. Keating, J. Rowley, Sainte-Suzanne.
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