Bac 2020 : l’Université de La Réunion s’organise pour accueillir un afflux d'étudiants

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L'Université de La Réunion.
L'Université de La Réunion. ©Imaz Press
Un taux de réussite record pour le Baccalauréat 2020. 90,1 % de réussite au premier tour à La Réunion, 95,7 % après le rattrapage au niveau national. Un afflux d’étudiants dans les fac est attendu. Un défi pour les Universités.
 
A La Réunion comme en France métropolitaine, les présidents des universités s’inquiètent d’un afflux massif de bacheliers à la rentrée. Cette année, 95,7 % des élèves en France ont eu le précieux sésame après le rattrapage. Des chiffres qui s’expliquent suite à un examen validé en contrôle continu. Le taux de réussite définitif sera connu, une fois la session de remplacement du mois de septembre terminée.

Une bonne nouvelle pour les bacheliers, un vrai défi pour les établissements d’enseignements supérieurs. Tous ces nouveaux bacheliers n’iront pas à la fac, mais il y a un risque d’embouteillage.

 

"On va accueillir tout le monde"


Face à ces résultats qui n’ont jamais été aussi élevés, l’Université de La Réunion commence d’ores et déjà à réfléchir à l’organisation qui va être mise en place pour accueillir tous les étudiants.

Pour Brigitte Grondin-Perez, doyen de la fac de sciences et technologiques, cette rentrée 2020 "est assez complexe à préparer. Nous attendons, à la fac de sciences, environ 150 étudiants. Ce n’est pas excessif par rapport à d’habitude. Ce qui est compliqué, c’est la situation sanitaire. On se demande comment on va s’organiser pour tous les accueillir en respectant les protocoles".

Selon cette dernière, "ce qui est sûr, c’est que l’on va accueillir tout le monde. C’est à nous de nous organiser. Je ne pense pas que le présentiel à 100 % pourra être possible. C’est une rentrée en mode hybride, c’est-à-dire qu’il y aura une partie des étudiants en présentiel, et une autre partie en distanciel. En ce qui concerne nos salles, nous serons à 50 % de nos capacités d’accueil" conclut-elle.

L’ensemble du corps de l’Université de La Réunion n’est pas serein. Il faut en effet compter, en plus des bacheliers, un nombre moins élevés de redoublants suite à une notation plus clémente et bienveillante des enseignants. Il y a ceux qui poursuivent leurs études à l’Université après le bac, par choix ou par crainte du Covid en allant à l'extérieur de l’île, ou encore ceux qui préfèrent prolonger leurs études dans l’attente d’un marché de l’emploi plus stable. Va-t-il encore falloir repousser les murs ?

 

"On a environ 1 000 étudiants en plus cette année !"


Pour Frédéric Miranville, président de l’Université de La Réunion, "c’est une préoccupation extrêmement importante cette question d’accueil. On s’interroge également sur la dispense des enseignements qui se font par groupe. Or, plus on a d’étudiants, plus on a de groupes. En sachant qu’il faut un enseignant par groupe. Il y a des répercussions, notamment sur le nombre d’enseignants disponibles".

Au niveau national, la conférence des présidents d’université, CPU, a réclamé une réunion d’urgence, sous l’égide du Premier ministre. Sur l’île, "on a environ 1 000 étudiants en plus cette année ! Ce qui représente trois années en une seule fois" confie le président de l’Université de La Réunion. Ce dernier s’interroge. "On se demande comment cela va évoluer. La rentrée en mode hybride a été validée pour que l’on puisse accueillir tous les étudiants et respecter les mesures barrières. On a mis en place une contribution solidaire pour équiper les enseignants, pour qu’ils puissent travailler à distance" explique Frédéric Miranville.

 

Des lycéens toujours sans réponse sur Parcoursup


En ce qui concerne l’inscription à l’Université de La Réunion, deux phases d’inscription sont établies. La première, actuellement en cours, a débuté le 1er juillet et se termine le 17 juillet. La deuxième se passe du 16 août au 24 septembre. 8 lycéens sur 10 ont eu une réponse sur Parcoursup, a précisé Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education, mardi 7 juillet dernier. Les autres sont toujours sans propositions. "Nous sommes en lien avec l’académie pour donner des réponses aux jeunes. Les réponses, on peut leur donner au fil de l’eau, en fonction des places disponibles et du dossier de l’étudiant. Il faut rassurer les étudiants. Il faut qu’ils sachent qu’on se mobilise et qu’on ne laissera personne sur le carreau" déclare Frédéric Miranville.

Pour le Ministère de l’Education, il faut que "ceux qui s’inscrivent puissent avoir une place, c’est le sujet le plus important actuellement". Selon ce dernier, plus de 3 600 places dans les filières courtes ont été créées. Une solution pour accueillir davantage d’étudiants dans l’enseignement supérieur. Les diplômés qui n’ont pas encore eu d’avis favorable peuvent solliciter un accompagnement personnalisé auprès de commissions locales, chargées de proposer des places encore disponibles. "Notre objectif est que chacun ait une place qui lui convienne" a déclaré Jean-Michel Blanquer.

Quoi qu’il en soit, l’afflux d’étudiants n’aura aucun impact sur les frais d’inscription. "La santé des étudiants est notre priorité absolue. Nous sollicitons le Ministère afin de pouvoir suivre à la lettre les conditions qui seront mises en place" conclut le président de l’Université de La Réunion.
 
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