Figure du PCR et ancien secrétaire général de la CGTR, Bruny Payet est décédé : les hommages se multiplient

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Bruny Payet aura marqué la vie politique et syndicale réunionnaise.
Bruny Payet aura marqué la vie politique et syndicale réunionnaise. ©Réunion La 1ère
Il était un des membres fondateurs du Parti Communiste Réunionnais, aux côtés de Paul Vergès. Bruny Payet, fondateur et ancien secrétaire général de la CGTR est décédé ce dimanche 13 septembre, à l'âge de 98 ans. Les réactions se multiplient.
Il aura marqué la vie politique et syndicale réunionnaise durant des décennies. Bruny Payet est décédé, ce dimanche 13 septembre, à l’âge de 98 ans.
 

Un parcours de combattant

Il était une figure du Parti Communiste Réunionnais. Fondateur du PCR, il en était membre du comité central aux côtés de Paul Vergès. Bruny Payet a aussi fondé la CGTR, la Confédération Générale des Travailleurs Réunionnais. Il a été secrétaire général du syndicat jusqu’en 1987.

En 1942, Bruny Payet a combattu le nazisme et le fascisme en s’engageant dans les Forces Françaises Libres. Une fois la guerre terminée, il entre à l’Ecole Supérieure d’Electricité de Paris en 1946 et devient le premier Réunionnais à obtenir un diplôme d’ingénieur.

A son retour à La Réunion, il devient membre du comité central du PCR. Il occupera les postes de secrétaire général de mairie, puis de conseiller général, et de conseiller régional en 1983 sur la liste de Paul Vergès. En 1987, il est secrétaire général de la CGTR, et l’une de ses phrases restera dans les mémoires lors d’un congrès du syndicat : "Vive la Réunion libre, autonome, démocratique et populaire !" Bruny Payet est décédé ce dimanche 13 septembre et les réactions se multiplient.

Regardez les précisions de Réunion La 1ère :
Bruny Payet, un homme de terrain, un militant, s'en est allé
 

Les réactions

Bruny Payet avait aussi été directeur du journal "Témoignages". Dans un communiqué, Manuel Marchal, le rédacteur en chef actuel rend hommage à "un communiste convaincu" qui "mit depuis toute son énergie à lutter pour faire triompher le socialisme du capitalisme, ce qui passait par l'anticolonialisme et la solidarité avec les peuples opprimés. (…) Jusqu'au bout, Bruny Payet est resté fidèle à son idéal, celui d'une société libérée du joug du capitalisme, où régnera la justice sociale et la partage équitable des richesses produites"."Depuis 2004, le nom de Bruny Payet apparaît tous les jours dans l'ours de Témoignages, écrit Manuel Marchal. Ses conseils nous manqueront, nous devrons désormais faire sans, à nous d'être à la hauteur de l'immense héritage que Bruny Payet laisse à Témoignages".

Dans un communiqué, la maire de Saint-Paul, Huguette Bello, rend hommage à un "monument du monde politique et syndical". "Bruny Payet a marqué fortement l’Histoire de La Réunion tant sa contribution est importante. Il est un grand combattant de la liberté et de la démocratie", écrit Huguette Bello. "Homme d’action d’une grande rigueur, il a porté et concrétisé, par ses nombreux combats, l’espoir d’un monde meilleur pour les travailleurs".

Huguette Bello revient sur les combats de Bruny Payet. Il y a eu la lutte "avec les travailleurs pour sauver l’usine de Quartier Français", le combat "pour l’égalité du SMIC qui en 1970 n’était qu’à 68% du SMIC métropolitain", ceux pour "le 20 décembre chômé et férié", ou encore "contre la déportation de 631 enfants et aussi de travailleurs dans le cadre du Bumidom". Huguette Bello conclut son hommage en s’adressant à cet homme de combat :
 

Bruny, tu as été, tout au long de ta vie, un homme libre, un Réunionnais libre. Merci à toi, Bruny, d’avoir respecté, fait respecter et renforcer la liberté de tes soeurs et frères. Que la jeunesse réunionnaise suive ton exemple !

Huguette Bello


Dans un communiqué, le maire du Port Olivier Hoarau a aussi réagi à la disparition de Bruny Payet. Il salue "un modèle d’engagement militant, un résistant aux côtés des forces de libération française, un Homme politique au service de l’égalité et de la justice sociale. Adyé kamarad". Le maire du Port, où a vécu Bruny Payet, annonce qu’il lui rendra prochainement hommage et que d’ores et déjà les drapeaux sont en berne.
 
Jean-Pierre Marchau, secrétaire régional Europe Ecologie Les Verts, a lui aussi réagit dans un communiqué cet après-midi. "Beaucoup ignorent qu’il était aussi un homme très attentif à la problématique du développement durable de La Réunion, écrit Jean-Pierre Marchau. Il était l’un des rares à intervenir publiquement, il y a une dizaine d’années, sur la question cruciale de la liaison Saint-Denis-La Possession et l’un des rares à partager ma conviction qu’un tracé en mer posait des problèmes difficilement surmontables". Avec Bruny Payet, Jean-Pierre Marchau avait créé le Collectif Non à la NRL, Nouvelle Route du Littoral. "Je garde le souvenir d’un Bruny Payet combattif, soucieux de l’avenir, humaniste, ouvert aux questions environnementales et toujours plein d’humour", écrit-il.

Sur sa page Facebook, Ericka Bareigts, la maire de Saint-Denis, rend hommage à celui qui restera "une source d'inspiration pour toutes les réunionnaises et les réunionnais qui s’engagent eux aussi pour construire La Réunion". "Militant historique, résistant, fondateur de la CGTR, défenseur des travailleurs, parmi les premiers réunionnais à avoir réussis de brillantes études universitaires, il est toujours resté fidèle à ses valeurs en se battant pour venir en aide aux plus démunis", écrit Ericka Bareigts.
 
Dans un communiqué, le maire du Tampon salue Bruny Payet qui "a fait le choix de défendre ses compatriotes Réunionnais plutôt que d’embrasser une grande carrière". "Nos débats ont été passionnés et vifs, mais toujours empreints d’un grand respect mutuel, écrit André Thien-Ah-Koon qui "respecte profondément la mémoire d’un homme, d’une grande simplicité, qui est toujours resté fidèle à ses idéaux et s’est consacré à la cause qu’il avait choisi de servir".

Le président du TCO, Emmanuel Séraphin, réagit également à cette "disparition qui affecte tous les Réunionnais". "C’est un monument de l’histoire de notre île qui nous quitte", écrit Emmanuel Séraphin qui rend hommage à celui qui "a porté très haut les valeurs du militantisme et de l’engagement".

Sur sa page Facebook, Eric Fruteau, salue "le parcours militant et engagé de cet homme". "Puisse notre jeunesse puiser dans son exemple d’engagement la force d’affronter l’avenir et ses difficultés", écrit-il. 
 
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