Cannabis thérapeutique : La Réunion veut s’impliquer dans les essais

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Votée il y a un an par l’Assemblée nationale, l’expérimentation du cannabis thérapeutique va être autorisée par un décret  paru le 9 octobre. La Réunion est en bonne position pour cultiver du zamal destiné à cet usage.
 
Dans le décret qui autorise l’expérimentation du cannabis thérapeutique, il est indiqué que ces essais doivent commencer à partir du 31 mars 2021 "pour une durée de deux ans."
 
Benjamin Coudriet, président de l’association Chanvre Réunion donne le détail de ce processus expérimental :
 

Il va y avoir six mois de mise en place et de formation des professionnels de santé, puis six mois de listing des patients intéressés. Après il faudra mettre en place six mois de suivi et six mois d’évaluations. 

Benjamin Coudriet, président de l'association Chanvre Réunion


  

Cinq pathologies concernées

Seuls les patients souffrant de certaines formes d’épilepsie, de douleurs neuropathiques, de soins palliatifs, de scléroses en plaque ou encore d’effets secondaires de chimiothérapie pourront bénéficier de cette expérimentation. Au total, 3 000 personnes pourraient se voir prescrire du cannabis thérapeutique en France.

Benjamin Coudriet souhaite que les patients réunionnais puissent en bénéficier. Son association est régulièrement en contact avec "des malades, des personnes qui sont dans une impasse sanitaire et qui souhaiteraient participer à cette expérimentation."
 

Au-delà de développer une filière franco-française et réunionnaise du cannabis thérapeutique, nous aimerions que les patients réunionnais qui sont dans une impasse thérapeutique puissent bénéficier de cette expérimentation.

Benjamin Coudriet, président de l'association Chanvre Réunion


  

Des variétés locales intéressantes

La Réunion pourrait se trouver en bonne position pour la culture de zamal à destination de ces essais. Le président de l’association Chanvre Réunion explique que c’est la seule région "à avoir des variétés locales qui seraient adaptées à un usage thérapeutique". Il l’avait signalé lors de son audition devant l’Assemblée nationale au mois de septembre.
 

Nous avons demandé à ce que ces variétés fassent l’objet d’une caractérisation et puissent être inscrites au catalogue français des variétés.

Benjamin Coudriet, président de l'association Chanvre Réunion



Mais pour le moment, tous les agriculteurs ne pourront pas se lancer dans la production de cannabis thérapeutique. "Il y aura sans doutes des licences qui seront délivrées en fonction d’un cahier des charges", explique Benjamin Coudriet.
 
Leckraz Kaullysing, technicien d’exploitation de la ferme Akhoya avait déjà commencé à cultiver le zamal. Il souhaite en extraire des huiles essentielles et de l’huile alimentaire mais pour le moment, il est "encore à un stade d’expérimentation". Il espère avoir des résultats d’ici un mois. Cela lui permettra de voir si son projet est viable.

Si le cannabis thérapeutique en venait à se démocratiser, cela donnerait une nouvelle opportunité pour les planteurs de canne qui cherchent à diversifier leurs revenus. Leckraz Kaullysing estime que "le bénéfice par m2 sera nettement supérieur à celui de la canne."

L'interview de Benjamin Coudriet sur le cannabis thérapeutique lors du journal de 12h30 de Réunion la 1ère :
Le gouvernement souhaite lancer des expérimentations pour l’usage du zamal thérapeutique. On en parle avec Benjamin Coudriet, président de l’association Chanvre Réunion.

 
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