Comores: le premier tour de l'élection présidentielle perturbé

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Comores palais du peuple
©Jean-Paul Mélade
Situation tendue dans l'archipel des Comores avec pour la seule île d'Anjouan 2 morts et plusieurs blessés. Les 12 candidats de l’opposition appellent le peuple au sursaut national et dénocent le bourrage des urnes constaté par la population avant le début du scrutin présidentiel


 
8h, le dimanche 24 mars parvenait à Moroni (Grande Comore) l'information selon laquelle il y aurait un ou deux  morts à Anjouan et quelques  blessés. En effet dès 4h30 la population constatait que les urnes étaient déjà remplies avec l'aide des miltaires selon l'opposition. Pas contente, elle a saccagé des bureaux, vidé des urnes, et a commencé à ériger des barrages. 
Bureau de vote à Istandra (Moroni)
Bureau de vote à Istandra (Moroni) ©Jean-Paul Mélade

En revanche le scrutin était plutôt calme en Grande Comores hormis quelques retards ou autres incidents constatés par l'Observatoire Des Elections. Cette derniére est peu élogieuse pour l'île d'Anjouan : "bourrage d'urnes",dans 7 localités "urnes entre les mains de l'armée" "urnes cassées par la population".

Les 12 candidats de l'opposition en conclave

 
Déclaration des membres de l'opposition
Déclaration des membres de l'opposition ©Yazid La Gazette des Comores
 

Dans un lieu tenu secret, les opposants au Colonel Azali se réunissaient pour réfléchir à la situation. Devant la presse et surveillée par l'Armée et le PIGN (peloton d'intervention de la Gendarmerie Nationale) l'opposition parle très vite de "coup d'état", appelle les citoyens à manifester devant le Palais du Peuple pour empêcher le décompte des voix dans ce lieu qui sera hautement gardé. Les douze membres demandent aussi le départ d'Azali Assoumani, ne reconnaissant plus son gouvernement et demandent même à l'Armée l'arrestation de l'ex-président de l'Union.

L'appel et la marche ont fait pschitt


A  peine la moitié des opposants ont marché sur le Palais du Peuple. Ils ont été stoppés net par les militaires. Dans le même temps l'appel à manifester a rencontré peu d'écho auprès de la population, hormis une dizaine de jeunes qui ont érigé des barrages construits avec des pneus et des pierres. Ils ont mis un mini-feu dans un parterre. Ces barrages ont été vite enlevés par les militaires présents autour du bâtiment.
 
Barrages sommaires face au Palais du Peuple
Barrages sommaires face au Palais du Peuple ©Jean-Paul Mélade


A la tombée de la nuit ils contrôlaient les artères adjacentes. 20h30: les urnes arrivaient encadrées par des dizaines de militaires. L'opposition se réunissait de nouveau près du Palais de Justice cette fois-ci. La ville était calme et vide, pas de manifestations de joie dans le camp Azali qui criait déjà victoire sur les réseaux sociaux.