Coronavirus : après les médecins, les personnels soignants des hôpitaux alertent sur la gestion de la crise à La Réunion

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Le personnel du CHU de Bellepierre à Saint-Denis.
Le personnel du CHU de Bellepierre à Saint-Denis. ©Imaz Press
Après les médecins, les personnels soignants des hôpitaux de La Réunion s’inquiètent de la gestion de la crise du coronavirus dans l’île. Ils demandent plus de moyens et protections pour eux qui sont en première ligne, et pourraient menacer d'un droit de retrait.
Les personnels de santé des hôpitaux de La Réunion montent au créneau et interpellent les pouvoirs publics. Ils s’inquiètent de la propagation alarmante du coronavirus à La Réunion et assurent que "la menace d'un droit de retrait collectif est imminente". Ce samedi 21 mars, 45 cas sont confirmés, un chiffre qui a doublé en 24 heures.
 

Du matériel, mais quand ?

FO, Sud Santé et la CFTC réclament plus de matériels et des protections, qu’ils attendent depuis plusieurs semaines déjà. "On entend l’ARS nous dire que les masques et les protections vont arriver, mais on a pas de date ! Est-ce que ça va vraiment arriver ?, s’interroge Willy Fleuris, président départemental de la CFTC Santé.
 

Le personnel doit être isolé dans le soin qu’il apporte aux patients porteurs du virus ou susceptibles de l’être, mais ils n’ont pas le matériel nécessaire. Aujourd’hui, ils ont peur de contaminer les autres patients.

 

"Nous sommes des personnes contacts"

Les personnels soignants réclament à l’Agence Régionale de Santé des masques, des gants, des sur-blouses et du gel hydro-alcoolique de toute urgence. "Sans ça, nous ne sommes plus soignants, mais personnes contacts", prévient David Belda, secrétaire départemental de FO Santé qui ne demande qu’à exercer son métier.
 

"Nous ne sommes pas aujourd’hui en capacité matérielle, humaine et physique de faire face à l’afflux des patients de demain", assure David Belda qui dénonce une "gestion de misère" de la part de l’ARS et un "retour à l’hôpital colonial".


La menace d'un droit de retrait

Pour David Belda, des mesures auraient du être mises en place dès l’aéroport de Gillot, "porte d’entrée du virus". "Aujourd’hui, les gens sortent de l’aéroport et vont faire leurs courses ou repartent travailler", dénonce David Belda qui réclame à l’ARS des mesures pour plus de moyens humains et logistiques et pour le respect du personnel.

S'ils n'obtiennent pas de réponses rapides, "la menace d'un droit de retrait collectif est imminente", préviennent les personnels soignants des hôpitaux de La Réunion. 
 

Des dépistages systématiques

Ils s’inquiètent de la "vague épidémique à venir". L’île est-elle en mesure d’y faire face ? Vendredi déjà, un collectif de médecins des hôpitaux et des libéraux de La Réunion s’est créé pour lancer un cri d’alerte et "limiter le pic épidémique dans l’île".

Ils demandent à l’Agence Régionale de Santé un dépistage systématique des voyageurs qui reviennent des zones à risque, ainsi que des personnes contacts. Le collectif demande le soutien de l’ARS, de la Préfecture de La Réunion et de la Région pour appuyer cette demande auprès du gouvernement.

Regardez les précisions du docteur Jérôme Lemant, Chef de pôle des urgences de réanimation et cardiologie au CHU Sud : 

"Vers une catastrophe sanitaire" ?

Dans un communiqué publié vendredi soir, le Conseil départemental de l'Ordre des Médecins affirme "qu'on se dirige vers une catastrophe sanitaire à La Réunion". "Nous devrions être en stade 3 !" indique le Conseil de l'Ordre des Médecins qui interpelle les pouvoirs publics et réclame "qu'ils prennent la mesure de la crise sanitaire que nous traversons". 
 
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