Covid-19 : les boutiques solidarités ouvrent leurs portes aux plus démunis

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Boutique solidarité St Joseph
Malgré le confinement, les boutiques de solidarité de la fondation Emmaüs continuent à apporter leur aide aux personnes vivant dans la rue. ©Loïs Mussard Réunion La 1ère
Tous les jours des personnes frappent à la porte de la boutique de solidarité de Saint-Joseph. Tous, à la recherche d’un peu de réconfort pour surmonter la peur générée par le Covid-19. Des personnes vivant dans la rue, confrontées à une misère accentuée par le confinement.

Depuis le 17 mars 2020 la France est en confinement. Pour la majorité des habitants de La Réunion la signification est simple : chacun doit rester chez soi. Mais le mot d’ordre du chef de l’Etat prend un tout autre sens pour de nombreux anonymes.

Sans toit, en rupture de lien social, ils sont livrés un peu plus à eux-mêmes. Ceux qu’on classe pudiquement dans la catégorie de « sans domicile stable »  pour éviter de les stigmatiser sous l’appellation de SDF ou de sans-abri. Ils sont pourtant là. Cachés derrière le mur d’un immeuble ou allongés sous des cartons pour tenter de dissimuler une misère humaine extrême. Informés, ou pas, des mesures barrières les contraignant à un peu plus de solitude.
 

Sortir du désert de la misère pour quelques minutes


Joseph est l’un d’entre eux. Précarité professionnelle, rupture familiale, alcool, un terrible cocktail qui l’a conduit petit à petit à errer dans la rue. Depuis un an, Joseph a été accueilli au sein de la communauté formée à la boutique de solidarité de Saint-Joseph. Un lieu qui constitue une sorte d’oasis pour le sortir du désert de sa misère pour quelques minutes. Pour quelques heures.
 
Boutique solidarité St Joseph
©Loïs Mussard Réunion La 1ère


Vincent, un autre visiteur, confirme « Ça nous fait du bien. Ça nous réconforte. On a vraiment l’impression de ne plus être abandonné, d’être soutenu». La boutique de solidarité de Saint-Joseph est l’une des structures d’Emmaüs Grand Sud, dont la vocation consiste à venir en aide aux victimes des accidents de la vie.

« Nous leur proposons un accueil de jour pour se doucher et prendre soins d’eux. De quoi manger. De l’aide aussi, pour recréer du lien social et pour les orienter sur des pistes de réinsertion… » explique David Houtton, le responsable de la boutique solidarité de Saint-Joseph.
 

Covid-19 ou pas, les situations précaires persistent. Ici on parle de besoins vitaux ! »    


Comme ses pairs à St-Pierre et à St-Denis, David Hutton a décidé de garder les portes ouvertes aux plus démunis: « Depuis le confinement, les gens se plaignent de devoir rester chez eux. Il faut penser que certains n’ont pas cette possibilité. Covid-19 ou pas, les situations précaires persistent. Ici on parle de besoins vitaux ! »      
 
Boutique solidarité St Joseph
©Loïs Mussard Réunion La 1ère

Le confinement développe un mécanisme pervers. Moins de circulation de personnes entraîne moins de contacts et donc moins de possibilités pour les sans-abri de bénéficier de gestes de générosité du public. « Lorsque les restaurants étaient ouverts, des personnes offraient des barquettes de repas… » confie encore David Houtton : « là c’est encore plus difficile. C’est pourquoi nous les recevons le matin avec un café, un petit-déjeuner. Deux fois par semaine nous leur donnons des repas à emporter ».
 
Boutique solidarité St Joseph
©Loïs Mussard Réunion La 1ère


Une action rythmée par d’autres rituels quotidiens. Prise de température de chaque nouvel arrivant. Discussion pour tenter d’évaluer si l’état de santé des visiteurs nécessite une prise en charge médicale. Désinfection systématique des sanitaires après chaque douche.
 

Respect des gestes barrières


A cela s’ajoute également le respect des distances barrières, le port du masque obligatoire et le nettoyage des mains avec du gel hydro-alcoolique. Beaucoup de contraintes pour des personnes en marge des règlements.
Boutique solidarité St Joseph
©Loïs Mussard Réunion La 1ère

Pourtant, Joseph, Vincent et les autres bénéficiaires se plient volontiers aux mesures prises par les responsables de la boutique solidarité. Dans l’attente de jours meilleurs. Un brin philosophe, Joseph déclare tout haut, les yeux brillants : «On fait avec. Il n’y a pas le choix. C’est pour notre sécurité. Et puis, tout doucement, on finira bien par s’en sortir… »    

Le reportage de Loïs Mussard et Laurent Josse:
Le boutique solidaire à Saint-Joseph : le lieu qui redonne de l'espoir à ceux qui dorment dans la rue

 
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