"Démakot’ la mer", une collecte de déchets au large de La Réunion pour alerter sur la pollution plastique des océans

Des plaisanciers se mobilisent contre la pollution plastique en mer. Le Club Nautique Portois a organisé un rallye "Démakot' la mer" pour alerter sur la présence de plus en plus forte de déchets plastiques au large des côtes de La Réunion.

100 000 cétacés meurent chaque année suite à l’ingestion de déchets plastiques ou l’enchevêtrement dans les engins de pêche  fantômes. Pour sensibiliser le public à ces problématiques, l’association de protection de la faune marine "Globice Réunion" s’est associée à l’opération "Démakot’ la mer" initiée par le Club Nautique Portois.

 

Un rallye "Démakot’ la mer"

Hier, samedi 11 mars, il fallait être en bateau pour participer à cette action en faveur de l’environnement. Un rallye a été organisé au large de la côte Ouest de La Réunion pour nettoyer l’océan.

Une partie de pêche aux déchets du côté de la baie de Saint-Paul a rassemblé des membres du club, des propriétaires de bateaux. La compétition se fait sans moteur, à la voile, et courir derrière un morceau de plastique avec un bateau de 11,5 mètres demandent de fines manœuvres acrobatiques.

Regarder le reportage de Réunion la 1ère :

Demakot La mer : opération de pêche aux déchets pour sensibiliser à la pollution des océans

De plus en plus de déchets dans l’eau

L’initiative est née du constat fréquent de déchets dans l’eau lors de sortie en mer, explique Christophe Guenneguez, président du Club Nautique Portois. Dans ce rallye, les bateaux ne courent pas les uns contre les autres, ils doivent avant tout ramener le plus de déchets. Les équipages sont ensuite récompensés en conséquence.

Les navigateurs qui sillonnent les eaux réunionnaises depuis les années 1980 voient déjà la "terrible" différence. Bouteilles de soda, barquettes en plastique sont bien plus nombreuses, constatent-ils.

A chaque fois qu’on sort, il y a toujours des sacs plastiques, des bouteilles. L’autre jour, j’ai remonté un gros bloc de polystyrène.

Brice Armengaud, plaisancier

 

Certains plaisanciers connaissent les zones de capture des déchets, à proximité de l’Etang Saint-Paul ou du Cap Lahoussaye notamment.

12 millions de tonnes de plastique par an finissent dans les océans

A la fin du rallye, chaque bateau a ramené au moins 2 kg de déchets de toutes sortes. Un butin encore loin des 12 millions de tonnes de plastique qui finissent chaque année dans les océans.

Selon le WWF, la pollution plastique des océans va quadrupler d’ici 2050, si des mesures ne sont pas prises dès maintenant. La croissance de cette pollution est " susceptible d’entraîner des risques écologiques importants dans de nombreuses régions et nuire aux efforts actuels de protection et d’accroissement de la diversité ", souligne-t-il.

Tout porte à croire que la contamination de l'océan par le plastique est irréversible. Une fois répartis dans l'océan, les déchets plastiques sont presque impossibles à récupérer. Ils se dégradent régulièrement et la concentration de micro et nanoplastiques continuera donc à augmenter pendant des décennies. 

Heike Vesper, directrice du programme marin du WWF Allemagne

wwf.fr 

Des effets négatifs pour la biodiversité déjà détectables

Les effets négatifs de la pollution plastique sont déjà détectables dans la plupart des groupes d’espèces, tandis que la productivité de plusieurs écosystèmes marins les plus importants du monde, comme les récifs coralliens et les mangroves, est fortement menacée.

Poissons et coraux dans le lagon, La Réunion.

La vie sous-marine est ainsi exposée aux produits chimiques contenus dans les plastiques, et les humains également par la chaine alimentaire. A cette pollution plastique se superposent parfois d’autres menaces telles que la surpêche, le réchauffement climatique, l’eutrophisation ou encore la navigation, ajoute le WWF.

Un traité mondial d’ici 2024

Le WWF avait appelé les nations à adopter un traité mondial juridiquement contraignant contre la pollution plastique lors de l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement en février 2022, afin d’endiguer cette crise.

175 pays ont ainsi voté, début mars à Nairobi au Kenya, en faveur d’un traité mondial de lutte contre la pollution plastique. Une résolution historique qui a permis la création d’un "Comité intergouvernemental de négociation" chargé d’élaborer d’un texte juridiquement contraignant. Ce traité mondial devra être rédigé d’ici 2024.

 

A noter, retirer 1 millions de tonnes de plastique équivaut à retirer 1 million de voiture de la circulation, en terme d’émission de CO². Au total, on retrouve aujourd’hui plus de 150 millions de tonnes de plastiques dans les océans.