Des balises pour suivre le trajet retour des baleines à bosse de La Réunion à l’Antarctique

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Baleines Cap Homard 13 août 2022
Baleines à Cap Homard ©Laura SUARD
Présentes dans les eaux réunionnaises depuis le début de l’hiver austral, les baleines à bosse vont ensuite reprendre leur migration. Si l’on sait d’où elles viennent, on ne sait pas vraiment où elles vont. 14 individus vont donc être équipés de balises Argos pour permettre le suivi de leurs déplacements.

La campagne MIROMEN II débute à La Réunion. Une première baleine à bosse a été marquée par l’équipe scientifique de Globice ce lundi 22 août au matin.

Présentes à La Réunion de juin à octobre, les baleines à bosse sont de grandes migratrices, qui peuvent parcourir plusieurs milliers de kilomètres entre leurs zones d’alimentation et les zones de reproduction tropicales.

Regarder le reportage de Réunion la 1ère :

Des balises satellites pour mieux cerner le comportement des baleines.

MIROMEN II, de l’Océan Indien à l’Antarctique

L’objectif est de placer 14 balises Argos sur les cétacés. En 2019, une balise avait déjà été posée sur une baleine prénommée Ousanousava. Il avait ainsi été possible de suivre son trajet jusqu’à 500 kilomètres en antarctique.

Cette année, les scientifiques veulent finaliser le programme, après deux années compliquées avec la crise Covid, en posant les balises et ainsi terminer cette mission. Les spécialistes souhaitent ainsi étudier la migration retour des près de 14 individus, explique Jean-Marc Gancille, chargé de la communication et du développement à Globice Réunion.

Les données leur permettraient de définir avec exactitude les trajets retours depuis l’Océan Indien jusqu’à leur sites de nourrissage en Antarctique.

MIROMEN I, les baleines à bosse dans l’Océan Indien

Une première campagne MIROMEN I a été menée en 2013. Elle a permis d’étudier les mouvements des baleines à bosse dans l’Océan Indien. Les scientifiques ont ainsi constaté la " très grande connectivité existante entre l’île de La Réunion et l’île de Madagascar ".

Un lien encore inconnu à l’époque, même si aujourd’hui il semble bien établit. Si le trajet majoritaire dans cette zone est donc bien connu, les scientifiques ne connaissent pas l’intégralité du cycle migratoire. " On ne savait pas où retournaient ces baleines, une fois qu’elles étaient venues nous voir pour leurs activités de mise bât ou d’accouplement ", précise Jean-Marc Gancille. 

Une compréhension plus globale

Une meilleure connaissance de l’ensemble de leurs déplacements permettra une meilleure protection de ces mammifères marins. En voie de disparition, avec seulement quelques milliers d’animaux avant 1986, date du moratoire sur la chasse, les baleines à bosse compteraient aujourd’hui près de 80 000 individus.

Il sera possible de suivre en temps réel sur le site internet de Globice Réunion les déplacements des baleines marquées.