Epidémie de coronavirus : pourquoi La Réunion n’est pas en zone rouge ?

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Port du masque à l'extérieur à la réunion durant l'épidémie de coronavirus
(Photo d'illustration) ©Imaz Press
Alors que le coronavirus circule partout en France, le Premier ministre a tenu une conférence de presse ce jeudi 27 août. La Réunion ne fait pas partie des 21 départements en rouge, alors que le nombre de cas ne cesse d’augmenter dans l’île. Explications.
La Martinique, la Guadeloupe et la Guyane sont en zone rouge. Le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé que 21 départements étaient en zone rouge, ce jeudi 27 août, lors d’une conférence de presse. Dans ces départements, le coronavirus circule activement.

Alors que le nombre de nouveaux cas ne cesse d’augmenter ces derniers jours à La Réunion, pourquoi notre département ne figure pas en zone rouge ? Quatre critères doivent être pris en compte par les autorités. Pour le moment, ces quatre critères ne sont pas encore dans le rouge. 
 

Le taux d’incidence frôle le rouge

D’abord, il faut s’intéresser à la circulation du virus sur le territoire avec le taux d’incidence. Il s’agit du nombre de nouveaux cas positifs pour 100 000 habitants sur une semaine. S’il y a entre 0 et 10 cas, le département est en vert, entre 10 et 50 cas c’est l’orange, et au-delà de 50 cas, c’est le rouge.

A la Réunion, il faudrait atteindre 60 cas par jour, ou 450 cas par semaine, pour entrer en zone rouge. Si le nombre de nouveaux cas continue d’augmenter comme ces six derniers jours, le seuil pourrait être franchi.
 

Le taux de positivité en hausse

Le second critère examiné est le taux de positivité des tests sur sept jours. Il s’agit du pourcentage de tests positifs sur l’ensemble des tests réalisés : vert entre 0% et 5%, orange entre 5% et 10%, rouge au-delà de 10%.

A La Réunion, nous sommes actuellement à 2,5 % de tests positif sur 100 tests réalisés. Nous sommes donc dans le vert, mais la situation évolue rapidement. Il y a deux semaines, La Réunion était seulement à 0,5 % de tests positifs sur 100 tests réalisés.
 

Le "R effectif" ou le nombre de personne contaminé par un malade

Le troisième critère est le "R effectif", c’est-à-dire le taux de reproduction du virus. Pour cela, il faut compter le nombre de personnes qu’un individu contaminé va lui-même infecter. Si ce taux est de 0 et 1, le département est en vert, entre 1 et 1,5 c’est le orange et au-delà de 1,5 c’est le rouge.

Pour le coronavirus le "R effectif" est de 3, ça veut dire qu’une personne malade va contaminer trois personnes. En revanche, ce calcul est très compliqué à réaliser même lorsqu’il y a des foyers de contamination.
 

Le taux d’occupation des lits en réanimation

Enfin le quatrième critère est le taux d’occupation des lits en réanimation par des patients atteints du Covid-19 : vert entre 0% et 40%, orange entre 40% et 60%, et rouge au-delà de 60%.

Pour l’instant, il y a douze patients atteints du Covid-19 hospitalisés en service de réanimation à La Réunion. Le département a une capacité de 78 lits de réanimation, et cette capacité pourra être augmentée à 90 lits en déprogrammant des opérations chirurgicales d’urgence.

Les services de réanimation de l’île sont donc loin d’être saturés, mais ce critère pourrait être réévalué pour La Réunion. A 30% d’occupation des lits, l’île pourrait bien déjà passée en rouge pour ce critère. En effet, contrairement à l’Hexagone où les départements peuvent s’entraider, les services médicaux de l’île fonctionnent en autarcie. La Réunion ne pourra pas envoyer rapidement des patients en évacuation sanitaire en métropole.
 

Vers la zone rouge ?

Si le nombre de cas continue d'augmenter, La Réunion pourrait donc passer en zone rouge. Le préfet pourra alors prendre des décisions au niveau local. Le premier ministre, Jean Castex, a déclaré ce jeudi que tout était fait pour éviter un reconfinement, mais que des plans territoriaux et globaux de reconfinement étaient déjà prêts.