Grippe aviaire à La Réunion : les éleveurs de volailles s’inquiètent et se mettent à l’isolement

agriculture
Les éleveurs de volailles sont inquiets face aux cas de grippe aviaire identifiés.
Les éleveurs de volailles sont inquiets face aux cas de grippe aviaire identifiés. ©Réunion La 1ère
Des cas de grippe aviaire ont été identifiés à La Réunion dans trois basse-cours de Saint-Paul. Des volailles ont été abattues. Inquiets, les éleveurs renforcent leur protocole sanitaire et se mettent à l’isolement pour protéger une filière qui se porte bien.

Impossible aujourd’hui d’entrer chez un éleveur de volailles. Devant la grille de son exploitation, Jasmine Le Bon partage les soucis des éleveurs réunionnais face aux cas de grippe aviaire identifiés chez des particuliers.

Protocole de protection sanitaire

"Personne ne peut entrer sur le site, je dois respecter le protocole de protection sanitaire", explique Jasmine Lebon, agricultrice et éleveuse. Elle se dit inquiète face à l’identification de cas de grippes aviaires dans trois basses-cours de particuliers dans l’Ouest de l’île.

"Un virus qui se propage vite est difficile à maîtriser sur les exploitations car les mortalités explosent rapidement, et c’est très inquiétant pour nous", ajoute Jasmine Le Bon.

Regardez le reportage de Réunion La 1ère :

Inquiets, les éleveurs de volailles se mettent à l’isolement face à l’identification de cas de grippe aviaire à La Réunion

L’isolement pour se protéger

L’isolement est la première mesure prise par les éleveurs face à l’urgence de la situation. Elle s’ajoute à toutes les mesures sanitaires prises en temps normal.

"L’accès à l’exploitation est limité, seules les livraisons d’aliments sont autorisées, explique Jasmine Lebon, agricultrice et éleveuse. On évite les échanges avec d’autres éleveurs et on ne se déplace pas sur des sites sensibles".

Comment est arrivé le virus ?

La filière fait tout pour se protéger de ces menaces depuis longtemps. Désormais, elle estime que l’important est de savoir d’où vient le virus.

"Comment est-il entré à La Réunion ? Il faut le savoir pour éviter que la grippe aviaire ne revienne chez nous, car il y en a tout le temps dans d’autres pays", estime Patrick Leveneur, président d’AVI POLE.

Une enquête épidémiologique lancée

"Nous avons lancé une enquête épidémiologique pour tester des hypothèses d’introduction du virus à La Réunion, car c’est une première, nous mettons tout en œuvre pour déterminer cette origine, assure Pascal Augier, directeur de la DAAF. Il y a plusieurs hypothèses". Introduction de matériels agricoles contaminés ? Contamination d’oiseaux ? Aucune piste n’est écartée.

Regardez les précisions de Réunion La 1ère :

Point sur la situation de la grippe aviaire à La Réunion

169 éleveurs dans l’île

En attendant, la Chambre d’Agriculture se veut rassurante, tout comme la préfecture de La Réunion. Dans un communiqué, elle assure qu’il n’y "a pas de danger à ce stade sur la consommation de volaille et d’œufs".

Le poulet est de très loin la viande la plus consommée par les ménages à La Réunion. Elle n’est pas chère et toutes les communautés en mangent. La filière est forte de 169 éleveurs organisés autour de deux coopératives. Elle couvre 95 % de la consommation locale, ce qui donne près de 17 000 tonnes de carcasses.

Regardez les précisions de Réunion La 1ère :

Ce que représente la filière avicole à La Réunion

Une filière qui continue de grandir

Le travail des professionnels partout dans l’île répond presque à la totalité des besoins du marché en frais, mais La Réunion a tout de même besoin d’importer près de 20 500 tonnes de viandes sur le territoire, chaque année, en provenance de l’Union Européenne.

D'ici 2030, la filière s’est fixée l’objectif d’atteindre une production annuelle de 27 000 tonnes, et tendre ainsi vers plus d’autonomie.

Des investissements importants

En 2021, un projet stratégique s’est mis en place pour parvenir à ces objectifs. Il est accompagné d’investissements importants pour la modernisation des couvoirs, des bâtiments d’élevage, mais aussi la production de poulets congelés dans l’île.

La filière se porte donc bien, d'où la crainte des éleveurs si le virus de la grippe aviaire venait à sortir des basses-cours familiales pour toucher les cheptels professionnels.