Incendie mortel à Montgaillard : un syndicat de pompiers dénonce "le manque d'effectifs" le soir du drame

faits divers
incendie montgaillard immeuble SIDR La Marina Saint-Denis 131221
©Willy Fontaine
"On a des morts sur la conscience". Les mots de Michel Mani sont durs. Selon le syndicaliste, les pompiers étaient en sous-effectif le soir de l’incendie à Montgaillard. Avec un autre syndicat, il appelle les familles sinistrées à déposer plainte à leurs côtés pour mise en danger de la vie d’autrui.

"On n’a pas pu sauver tout le monde, on est vraiment désolé", a déclaré ce mercredi Michel Mani dans le journal télévisé de Réunion La 1ère. Selon le président du Syndicat autonome du personnel du SDIS 974 (SAPSDIS), le bilan de l’incendie de l’immeuble Marina, à Montgaillard, aurait pu être moins dramatique.

Le reportage de Réunion la 1ère

La polémique après l'incendie de Montgaillard, un syndicat de pompiers dénonce le manque d'effectifs le soir du drame

"On a des morts sur la conscience", lâche-t-il encore. Notre métier c’est de sauver des vies et non de ramasser des cadavres". Si le syndicaliste s’exprime ainsi en employant des mots durs, c’est pour dénoncer les conditions dans lesquels les sapeurs-pompiers sont intervenus le soir de l’incendie.

Car durant cette nuit du 12 au 13 décembre, assure-t-il, les soldats du feu étaient en sous-effectif. C’est ainsi la hiérarchie du SDIS et non ses camarades sapeurs-pompiers que Michel Mani pointe du doigt.

Regardez l'interview de Michel Mani sur Réunion La 1ère :

Michel Mani, président du syndicat autonome du personnel du Sdis 974

Un problème déjà pointé du doigt

Michel Mani annonce ainsi qu’une plainte contre X pour "mise en danger de la vie d’autrui" va être déposée par son syndicat, ainsi que par le SAFPTR, le Syndicat autonome de la fonction publique territoriale. Et il invite aussi les familles de sinistrés à déposer plainte à leurs côtés.

"La responsabilité incombe à ceux qui gèrent le SDIS, estime-t-il. On a un règlement opérationnel, et c’est notre Bible, qui dit bien qu’on doit être 18 pompiers la nuit, alors qu’on était à 12 (au centre de secours de Saint-Denis, ndlr)".

La réponse du patron du SDIS

"On tire la sonnette d’alarme depuis des mois sur ce manque d’effectif", insiste encore le président du SAPSDIS974. "Que les enquêtes ne se trompent pas de cibles parce que nous, on a fait le job qu’il fallait".

Le colonel Frédéric Léguillier, directeur départemental du SDIS de La Réunion, a répondu à la polémique, en expliquant que "quand on est sur un feu qui dure deux jours et demi avec plus de 100 sapeurs-pompiers engagés, le sujet ce n’est pas d’être 13, 15 ou 18. Mais c’est de pouvoir réunir toutes les forces en nombre et de réaliser tous les sauvetages que l’on peut dans les meilleurs délais".