Le pétrel de Barau menacé d'extinction à cause de chats sauvages

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Chat errant
Un chat redevenu sauvage. ©Imaz Press

Au coeur du Parc National, les chats harets sont devenus de véritables prédateurs pour les tuit-tuit, les pétrels de Barau ou encore les pétrels noirs de Bourbon. Le parc souhaite mettre en place des pièges mortels et consulte la population sur le sujet jusqu'au 4 juillet.

Des pièges létaux destinés aux chats harets devraient être déployés prochainement dans le secteur de Grand Bénare ou de Bras des Etangs. Ce projet a pour but de limiter l'impact lié à la présence de ces chats sauvages sur des sites où se trouvent des espèces endémiques, notamment le pétrel de Barau.

 

Moins de 20 000 couples de pétrels de Barau

Le pétrel de Barau est classé en danger d'extinction. Il ne reste que de 10 à 20 000 couples à La Réunion, et donc dans le monde puisque l'espèce est endémique. L'une des missions du Parc National est de sauvegarder ces oiseaux.

 

Le chat haret consomme 90 pétrels par an

Le chat haret est une "espèce" de chat particulière. C'est un chat auparavant domestique revenu à l'état sauvage et donc différent des chats errants qui restent au niveau des villes et des villages. Ces félins sont responsables dans le monde de la disparition de 63 espèces animales dont 40 espèces d'oiseaux.

Il est difficile de savoir combien de chats harets existent à La Réunion, ces animaux étant impossible à approcher. Mais son impact est énorme puisque selon plusieurs études, un chat harret peut consommer 90 pétrels en une année.

 

Stérilisation et cages de capture

La stratégie de lutte pour réduire le nombre de chats errants qui migrent dans les zones naturelles réunionnaises se décline en deux phases.

La première consiste à stériliser les chats dans les zones urbaines pour éviter qu'ils soient davantage à migrer vers des zones naturelles. Depuis 2019, 440 chats ont ainsi été stérilisés.

La deuxième phase est la pose de cages de capture avec remise des animaux capturés à la fourrière ou chez le vétérinaire pour euthanasie. Le recours aux pièges létaux est souvent utilisé comme dernier recours dans des zones inacessibles. La pose de ces pièges mortels, mécaniques, est limitée dans l'espace et le temps, pour réguler la présence de félins qui pénètrent dans ces endroits.

 

700 pétrels sauvés en deux ans

Le nouvel arrêté préfectoral concernant les mesures de limitation en urgence des population de chats harets n'est pas le premier du genre. Entre 2017 et 2019, un arrêté préfectoral avait déjà été pris pour permettre l'utilisation de pièges létaux destinés aux chats harets. Quarante cages avaient été posées dans des zones inacessibles pour l'homme, ce qui avait permis de capturer 8 chats. Le Parc a estimé que cette action a sauvé 700 pétrels.

 

Consultation publique

Le nouvel arrêté a été mis à la disposition du public entre le 14 juin et 4 juillet. Cette consultation publique lancée par le Parc National permet à tout citoyen de donner son avis.