Maurice : la législation sur la consommation de stupéfiants assouplie en 2023

trafic de drogue
Consommation de drogue et législation à Maurice août 2022
La législation sur la consommation de stupéfiant devrait être assouplie à l'île Maurice dès le mois de janvier 2023 ©Capture d'écran Francetv
La drogue, un sujet sensible, dans l’île sœur ! La législation concernant la consommation de stupéfiants devrait pourtant s’assouplir, un peu en janvier 2023. Il est question d’abandonner les charges provisoires contre les consommateurs. Le prévenu pourra "plaider coupable" et bénéficier d’une certaine clémence…

Le problème avec la lutte globale contre les stupéfiants, c’est l’afflux de consommateurs devant la justice et dans les commissariats. À l’île Maurice, comme dans tous les pays touchés par ce fléau, les forces de l’ordre, les juges et les procureurs sont submergés de ces dossiers, suite à l’interpellation d’un homme ou d’une femme en possession de quelques grammes d’herbe.

La stratégie de la prohibition, afin de protéger la population contre des produits addictifs et potentiellement mortels, n’a jamais fonctionné.

Pire, avec la crise Covid et le confinement, la consommation de "drogues douces" a explosé, nous apprend Le Mauricien. Le journal a suivi, début juillet 2022, l’atelier du National Drug Secretariat (NDS), dans le cadre de la Journée internationale de l’abus et contre le trafic de drogue. Les conclusions des experts mauriciens étaient sans appel : "La Covid-19 a eu un impact considérable sur la consommation de drogue et l’évolution rapide du trafic", a longuement expliqué Devi Bohanee, Programme Officer du ministère de la Santé.

Assouplissement de la législation en 2023


Ce constat est partagé par les associations, qui travaillent quotidiennement avec les consommateurs, les forces de l’ordre et la justice. Dans l’île sœur comme ailleurs, on ne compte plus le nombre de personnes interpellées en possession de quelques grammes d’herbe ou de cannabis en vue d’une "soirée festive".

Ces dossiers encombrent les tribunaux et surchargent les commissariats. Pendant ce temps, les trafiquants peuvent continuer d’importer des drogues dures et des substances vénéneuses sans être inquiétés.

Pour endiguer l’asphyxie judiciaire et des services d’investigation, l’île Maurice devrait assouplir sa législation, en janvier 2023 confirme L’Express de Maurice, pour les consommateurs de drogues dites "douces". Le principe s’inspire, en quelque sorte, du plaider coupable instauré en France. Une enquête sera diligentée. Cette "clémence" ne s’appliquera pas aux fonctionnaires, aux prévenus ayant un casier judiciaire pour un délit similaire et aux délinquants en liberté conditionnelle.


Cet assouplissement de la législation devrait mettre fin au garde à vue de consommateurs occasionnels, dans d’obscurs cachots et à leur comparution menottée devant un tribunal, écrit Radio-One.