Maurice : scandale supposé lors des travaux de la centrale électrique de Saint-Louis

économie
Drapeau de l'île Maurice
©Capture d'écran Air Mauritius
Le marché des travaux de réhabilitation de la centrale électrique de Saint-Louis est pointé du doigt par la Banque Africaine de Développement (BAD). Dans un communiqué, les dirigeants de cet organisme financier affirment que le projet de modernisation de la station est entâché de corruption. 
L'île Maurice va connaître une très grave crise politique, après avoir encaissé une crise sanitaire dévastatrice pour son économie. Il est trop tôt pour prévoir les répercussions de ces deux événements, mais ils marqueront la vie de l'île sœur, bien après la fin de l'année 2020. 

Dès ce jeudi 11 juin, les représentants de l'opposition ont demandé qu'une commission d'enquête indépendante soit nommée pour déterminer la véracité des accusations de la Banque Africaine de Développement. Selon le communiqué de cet organisme, habituellement discret, la compagnie Burmeister & Wain (société danoise spécialisée dans les grands travaux) aurait : "soudoyé des officiels mauriciens pour obtenir des renseignements confidentiels", écrit Le Mauricien.
 

Les dirigeants de Burmeister & Wain ont avoué


La BAD a d'ailleurs interdit à l'entreprise Burmeister & Wain de participer à des appels d'offres pendant 21 mois. Une décision qui est intervenue après les aveux de dirigeants de cette société scandinave.

Inutile de préciser que ce communiqué a créé un vif émoi dans l'île. L'opposition s'est saisie de l'affaire et demande des comptes. La cellule mauricienne de Transparency International a pris note du communiqué de la Banque Africaine de Développement. En clair, elle va entamer des investigations.
 

Le Sénégal met fin à l'accord fiscal avec l'île Maurice 


Cette affaire ne va pas aider l'île Maurice à disparaître de la liste noire de l'Union européenne. Liste qui recense les paradis fiscaux, aux comptes opaques. Surtout qu'en début d'année le Sénégal a déchiré sa convention fiscale avec Maurice, écrit ICIJ. Les agents sénégalais des perceptions ont en effet découvert que cette double non-imposition, signée entre les deux pays il y a 17 ans, avait coûté au Sénégalais 257 millions de dollars de recettes fiscales.

Ce dossier a été mis au jour par le Consortium international des journalistes d'investigation, ce 26 mai 2020, ce qui va accroître la pression sur le gouvernement mauricien.  
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