Présidentielle à Madagascar : les électeurs « défaitistes »

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2018.11.07 Bureau de vote d'Ampefiloha (Tananarive)
Une électrice malgache accomplit son devoir civique dans le bureau de vote d'Ampefiloha (Tananarive). ©Sarah Tétaud (RFI)
Près de 10 millions d’électeurs sont invités à départager 36 candidats, ce mercredi à Madagascar pour la présidentielle. Un scrutin décrypté par Sarah Tétaud, correspondante de RFI à Tananarive, invitée de la matinale sur Réunion la 1ère radio.
 
« Beaucoup de jeunes, dans les universités, ont beaucoup d’espoirs pour un pays qu’ils savent aller mal » affirme la journaliste de Radio France Internationale. Les attentes de la jeunesse : « une amélioration dans le travail. Il y a un énorme taux de chômage à Madagascar. »

Plus globalement, les électeurs sont « plutôt défaitistes » selon Sarah Tétaud. « Ce que j’ai beaucoup entendu pendant la campagne, c’est ‘‘Encore les mêmes !’’, ‘‘Que des promesses…’’, ‘‘On est toujours dans la même pauvreté’’. Beaucoup de fatalisme. »
 

Les plus riches… favoris


90% de la population vit avec moins de 3 dollars par jour. « Dans le grand Sud, un million deux cent mille Malgaches sont en insécurité alimentaire, en raison de la sécheresse » raconte la correspondante de RFI, qui s’est rendue dans cette région. « L’occupation principale, c’est de trouver de quoi nourrir sa famille. »

Dans un tel contexte, les dépenses engagées par les 3 favoris du scrutin peuvent choquer. Il y a 36 candidats, mais « ce sont les plus riches qui sont les plus connus. Leurs moyens se chiffrent à plusieurs millions de dollars. Pour beaucoup, c’est une indécence. »

Des excès favorisés par l’absence de plafonnement des comptes de campagne, et par la corruption. Les 3 anciens présidents « ont tous trempé dans le trafic de bois de roses » rappelle Sarah Tétaud. Et les politiques se protègent : « La loi sur le blanchiment d’argent n’a jamais été votée en 4 tentatives cette année, parce que les personnes qui votent ces lois sont directement concernées et n’ont pas du tout intérêt à ce que la loi soit votée. »

Sarah Tétaud, correspondante de RFI Tananarive 18-11-07

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