Piton de la Fournaise : jusqu'à 5,4 millions de mètres cubes émis en surface

le piton de la fournaise
L'éruption vue depuis le piton de Bert ce mardi 3 octobre 2022
L'éruption vue depuis le piton de Bert ce mardi 3 octobre 2022 ©OVPF
Le Piton de la Fournaise continue de nous éblouir. Cela fait maintenant seize jours que le géant de feu assure le show. Si l'activité est en légère baisse ces dernières 24 heures, d'importants débits de lave ont d'ores et déjà été enregistrés.

Si l'éruption a commencé avec une faible crise sismique présageant même un arrêt de l'activité depuis le 29 septembre, le volcan a repris vigueur. Une accélération du trémor est enregistrée combinée à une intensification de l’activité éruptive en surface. 

" Une quantité de lave beaucoup plus violente avec des fontaines très hautes ont permis la construction d'un cône éruptif. D'un petit cône en formation, c'est aujourd'hui quelque chose de grande ampleur, de très large, très haut. Et qui n'a visiblement pas fini de grandir " souligne le volcanologue, Nicolas Villeneuve.

Regardez les précisions de Réunion La 1ère :

L'observatoire volcanologique a organisé un point spécial cet après midi à la Cité du Volcan à la plaine des cafres

Des débits de lave cinq fois plus élevés 

Les scientifiques estiment qu’entre 2,6 et 5,4 millions de m3 de lave ont été émis en surface entre le 19 et le 30 septembre 2022. Des pics ont même étaient atteints précise la directrice de l'Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise.  

" Les débits ont augmenté avec un pic maximum hier, de 20 m3 seconde, c'est relativement important. Lorsque l'on était en pleine phase de croisière de l'éruption, on était plutôt à 4 m3 par seconde. C'est donc cinq fois plus, ce qui explique aussi pourquoi l'activité visuelle éruptive est beaucoup plus forte ces derniers jours ".

Prise de vue aérienne du site éruptif du Piton de la Fournaise, le 04 octobre 2022
Prise de vue aérienne du site éruptif du Piton de la Fournaise, le 04 octobre 2022 ©OVPF-IPGP

Pas de fin d'éruption immédiate

Ce regain soudain d'activité n'est pas un phénomène rare. " En fin d'éruption lorsque l'on a un conduit qui est en train de se refermer ou lorsque l'on a une réalimentation, on observe ces augmentations d'activité. Donc on ne peut pas dire que l'on est sur la fin de l'éruption. Tout dépend si l'inflation va reprendre " explique Aline Pelletier. 

Situé à 1 800 mètres d'altitude et à environ 1,5 km au nord-ouest du Nez coupé du Tremblet, le front de coulée continue lentement sa progression.