Manifestation à La Possession : les emplois de plus de la moitié des salariés de la Circet sont menacés

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A La Possession, les salariés de la Circet manifestent contre la suppression de plus de la moitié de leur effectif.
A La Possession, les salariés de la Circet manifestent contre la suppression de plus de la moitié de leur effectif. ©Imaz Press

Des employés de la société Circet Réunion manifestent, ce lundi 1er février, devant leur entreprise à La Possession. Leur direction a prévu la suppression de 45 postes sur 79 au total. La Circet est spécialisée dans le déploiement de fibre optique.

Une trentaine de salariés de la société Circet Réunion manifestent, ce lundi 1er février. Ils sont rassemblés devant les locaux de leur entreprise, à la Ravine à Marquet, à La Possession. Avec eux, un cercueil de bois sur lequel est inscrit "RIP" comme pour symboliser la mort de leur entreprise.

45 suppressions de postes sur 79

Les salariés dénoncent le plan social prévu par leur direction. "Sur 79 salariés, la direction veut supprimer 45 postes, explique Bruno Albac, délégué CGTR, secrétaire du Comité Social et Economique, de l’entreprise. Nous comprenons qu’il y ait une perte d’activité et qu’ils suppriment des postes, mais nous demandons des indemnités de préjudices pour les départs volontaires, et les licenciements économiques".

Regardez le reportage de Réunion La 1ère :

A La Possession, les emplois de plus de la moitié des salariés de la Circet sont menacés

 

Circet, une multinationale

Dans cette société, spécialisée dans le déploiement de fibre optique, des négociations sont en cours depuis deux semaines, entre la direction et les salariés. "Ça tourne en rond, assure Bruno Albac, délégué CGTR. Nos positions sont très éloignées, et nous perdons du temps. A chaque fois, la direction doit s’entretenir avec la métropole avant de nous répondre. Nous espérons que cette forte mobilisation ce matin fasse avancer les négociations".

Le groupe Circet est une multinationale dont le chiffre d’affaires a dépassé le milliard d’euros l’an dernier.

Des "indemnités dérisoires"

Les salariés de la branche réunionnaise demandent "à partir dignement" et dénoncent des "indemnités dérisoires proposées par leur direction". "Des gars veulent bien partir mais pas sans rien, car ils ont transpiré dur pour que cette société se développe", explique Bruno Albac.

"Nous voulons que ceux qui partent le fassent dans de bonnes conditions, car ils vont se retrouver au chômage et certains ont des crédits", ajoute Mathieu Virrassamy, délégué du personnel et secrétaire du CSE de Circet Réunion.

Comment honorer le dernier marché ?

Les salariés sont aussi inquiets pour les jours à venir. "Il nous reste un seul client, mais va-t-on pouvoir tenir les délais ?, se demande Mathieu Virrassamy, délégué du personnel et secrétaire du CSE. A 79 salariés, on ne tient pas toujours les délais alors à 34 ou 39 salariés comment va-t-on faire ?" 

200 salariés en 2018

Selon lui, les salariés sont victimes "d’une mauvaise gestion". "En 2018, nous étions 200 salariés, l’activité était florissante, aujourd’hui nous perdons marché sur marché", assure-t-il.

"Il n’y a pas de volonté de la part de la direction de vouloir continuer à évoluer à La Réunion, estime Julien Sahuc, délégué syndical CGTR. La direction ne parle pas de se diversifier, ne cherche pas d’autres marchés, ne répond pas aux appels d’offres. On pourrait par exemple se lancer sur les marchés de vidéo surveillance, mais ils ne le font pas".

Une réunion jeudi prochain

De son côté, la direction assure ne pas "vouloir se retirer de La Réunion". Stéphane Remond, le directeur de Circet Réunion confirme que la perte des deux marchés avec Orange et SFR est un coup dur pour l'entreprise car "ils représentaient 80% de l'activité annuelle". Il confirme que "les négociations acchoppent sur le montant des indemnités de licenciement et de départ volontaire", mais "les discussions se poursuivent", insiste-t-il.

La direction doit arbitrer jeudi. D'ici là, les salariés affirment vouloir rester mobilisés devant les locaux de leur entreprise à La Possession.