Procès des sœurs Issabhay : Sabeira et Sofia condamnées à 8 ans de prison

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Cour d'appel Assises
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Dans le procès des sœurs Issabhay, Sabeira et Sofia sont condamnées à une peine de 8 ans. Le verdict de la cour d’Assises est tombé ce mercredi 8 septembre après deux jours de procès. Elles sont coupables de violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur leur autre sœur.

Le verdict est tombé peu avant 12h, ce mercredi 8 septembre, dans le procès des sœurs Issabhay. Elles comparaissent depuis lundi devant la Cour d’Assises. Elles ont été reconnues coupables de violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur leur autre sœur, Marianne, à Saint-Benoît, en 2016.

Conformément aux réquisitions, Sofia écope d'une peine de 8 ans de prison. Sa soeur Sabeira, elle aussi reconnue coupable, est condmanée à une peine inférieure aux réquisitions. Elle écope aussi de 8 ans de prison. Fin 2016, les deux sœurs avaient déjà passé 14 mois en prison dans le cadre de leur détention provisoire.

L’avocat de Sofia, Me George-André Hoarau, a indiqué qu’il va faire appel, en invoquant notamment l’âge des accusées. Me Normane Omarjee, l’avocat de Sabeira, pourrait également faire appel de la décision.

Les réquisitions

Ce mercredi matin, l’avocat général a requis 13 ans de prison contre Sabeira et 8 ans de prison contre Sofia. Selon lui, le décès de Mariame n’est pas tant dû à un acte impulsif lié à l’énervement de ses deux sœurs, mais plus à un trop-plein émotionnel. D’après le représentant du ministère public, la victime était devenue un être "indésirable" dans le quotidien très rangé de ses deux sœurs.

Des sœurs sur qui pesaient déjà de lourdes contraintes familiales, non-émancipées, déclassées socialement, elles avaient dû veiller 23 ans sur le corps momifié de leur tante, enfermées dans cet immeuble d’où elles ne sortaient quasiment jamais. Sabeira et Sofia auraient fait progressivement de leur sœur Mariame un souffre-douleur. L’avocat général a donc parlé de violences volontaires certes, mais surtout récurrentes, ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Après un premier jour de procès consacré au déroulement des coups mortels, la Cour d’Assisses a entendu les médecins de la famille. Le témoignage d'un des deux fils de la victime a aussi tenu en haleine les jurés, hier. Il est le premier de la famille à avoir brisé la loi du silence. Les deux soeurs comparaissent libres depuis lundi.

Des violences régulières

Elles étaient accusées de violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur leur sœur Mariame. Cette dernière a été retrouvée dans un sale état au milieu de l’appartement familial, au lendemain de Noël, il y a 5 ans, à Saint-Benoit. Le corps très abîmé a été découvert par les secours le 26 décembre 2016. Il présentait des hématomes répartis sur tout le corps, le visage était tuméfié.

Appelés par Ibrahim, le frère, les pompiers n’ont pu que constater le décès de Mariame. Âgée de 62 ans, la victime est revenue vivre dans l’appartement de sa mère, avec son frère et ses deux sœurs, à la suite d’un divorce survenu un an plus tôt.

La cohabitation n’est pas facile. Mariame est malade et incontinente, ce qui nécessite des soins de la part de ses sœurs. La femme est également en proie à de violentes crises de nerf, ce qui amène Sofia et Sabeira à faire parfois usage de la violence, avoueront-elles à demi-mot.

Une famille en vase clos

Dans son rapport, le légiste conclue à des violences régulières. Depuis lundi, la cour d’Assises est plongée dans le quotidien de cette famille habituée à vivre en vase clos.

Pendant plus de 20 ans, la famille a conservé dans cet appartement, dans le plus grand secret, le cadavre de la tante Zoubeida dans l’espoir de lui offrir une résurrection avec l’aide d’un prêtre indien.